La République de Guinée enregistre un signal  sur la scène financière internationale. L’agence de notation américaine Standard & Poor’s (S&P) a annoncé ce vendredi 13 mars 2026 le relèvement de la perspective associée à la notation souveraine du pays, désormais portée de “Stable” à “Positive”, tout en confirmant la note de la Guinée à B+.

Cette décision constitue une nouvelle reconnaissance de la trajectoire économique et financière engagée par les autorités guinéennes dans le cadre des réformes structurelles en cours.

Selon l’agence, ce relèvement intervient dès la première revue consécutive à l’attribution de la notation inaugurale, une situation jugée exceptionnelle. Avec une note B+ assortie d’une perspective positive, la Guinée se positionne désormais parmi les signatures souveraines les mieux perçues du continent africain.

Des perspectives économiques prometteuses

Dans son rapport, S&P met en avant les perspectives de croissance particulièrement élevées du pays. Le produit intérieur brut (PIB) réel de la Guinée pourrait atteindre près de 10 % de croissance entre 2026 et 2029.

Cette dynamique serait principalement soutenue par le développement du méga projet minier Projet Simandou, considéré comme l’un des plus importants projets de minerai de fer au monde, ainsi que par l’augmentation des capacités de raffinage et la réalisation de grands projets d’infrastructures.

L’agence souligne également le potentiel de diversification de l’économie guinéenne, notamment dans l’agro-industrie, les technologies de l’information et de la communication et les industries manufacturières.

Des réserves de change en forte progression

Autre élément salué par S&P : l’amélioration significative des réserves de change du pays. Celles-ci ont plus que triplé en une année, atteignant 4,1 milliards de dollars à la fin de 2025.

Cette performance est notamment portée par l’entrée en production progressive du projet Simandou et par l’augmentation des investissements directs étrangers.

Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, cette évolution renforce la capacité de la Guinée à faire face aux chocs économiques extérieurs.

Des finances publiques en amélioration

L’agence internationale met également en lumière la forte progression des recettes publiques, qui ont enregistré une hausse de 46 % en 2025.

Cette évolution s’explique non seulement par les revenus miniers, mais aussi par les réformes engagées dans l’administration fiscale et douanière, notamment la digitalisation des services, le renforcement des contrôles et la réduction des exonérations fiscales.

Par ailleurs, la dette publique reste maîtrisée à environ 36 % du PIB, avec un déficit budgétaire contenu, ce qui témoigne d’une gestion jugée solide des finances publiques.

Des avancées politiques déterminantes

S&P souligne aussi l’importance des évolutions institutionnelles récentes en Guinée, notamment l’adoption d’une nouvelle Constitution en septembre 2025 et l’organisation de l’élection présidentielle en décembre 2025.

Ces avancées ont contribué à la levée des dernières sanctions de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), renforçant ainsi la crédibilité institutionnelle du pays.

Une possible amélioration de la note dans les prochains mois

Pour Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du comité stratégique de Simandou, cette décision constitue un signal fort adressé aux partenaires économiques et financiers de la Guinée.

Selon lui, cette évolution confirme l’attractivité croissante du pays pour les investisseurs internationaux, sous le leadership du président Mamadi Doumbouya.

L’agence indique par ailleurs que la perspective positive pourrait déboucher sur une révision à la hausse de la note souveraine de la Guinée dans les 12 à 18 prochains mois, notamment si la position extérieure du pays continue de se renforcer et si la consolidation budgétaire se poursuit.

Cette dynamique intervient au moment où le programme de développement Simandou 2040 entre dans sa phase opérationnelle, ouvrant selon les autorités un nouveau cycle de croissance économique et d’investissements pour la Guinée.

AAS