Le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) exprime sa vive préoccupation face aux difficultés croissantes rencontrées par les citoyens pour accéder aux liquidités dans le pays. Dans un communiqué rendu public, l’organisation évoque des tensions persistantes dans les opérations de retrait d’argent aussi bien dans les institutions bancaires que dans les systèmes de paiement électronique.
Selon le CNOSCG, depuis plusieurs semaines, de nombreux témoignages font état de difficultés d’accès aux ressources financières, mais aussi de pratiques de surfacturation observées dans certains points de service, notamment dans les réseaux de paiement mobile. Une situation jugée préoccupante par la société civile, qui estime que toute restriction dans l’accès aux liquidités peut ouvrir la voie à des abus et fragiliser davantage les citoyens.
Cette réaction intervient également après une récente déclaration du porte-parole du gouvernement guinéen et ministre des Transports, qui a indiqué qu’il n’existerait pas de pénurie de liquidités dans les banques. Selon lui, l’État encourage plutôt les populations à privilégier les transactions numériques.
Sans remettre en cause l’importance de la transition vers les paiements électroniques, le CNOSCG estime toutefois que cette orientation doit tenir compte de plusieurs préalables. L’organisation souligne notamment la nécessité de réaliser des études approfondies sur les réalités socio-économiques du pays, le niveau d’accès des populations aux services financiers numériques ainsi que les capacités technologiques et infrastructurelles existantes.
Dans un contexte où une grande partie de la population évolue encore dans l’économie informelle et où l’accès aux services bancaires et numériques demeure limité dans certaines zones, la société civile plaide pour une approche progressive, inclusive et adaptée aux réalités guinéennes.
Le CNOSCG rappelle également le rôle essentiel de la Banque Centrale de la République de Guinée dans la régulation du système monétaire et dans le renforcement des mécanismes de supervision afin de prévenir les dérives et protéger les citoyens contre d’éventuelles pratiques abusives. L’organisation estime qu’un manque de communication claire sur la situation pourrait alimenter l’inquiétude et l’incertitude économique au sein de la population.
Au-delà des difficultés individuelles, la société civile avertit que cette situation pourrait avoir des répercussions sur plusieurs secteurs clés de la vie nationale, notamment les activités commerciales, l’économie informelle, les petites entreprises, les interventions humanitaires ainsi que l’accès des ménages aux services sociaux essentiels.
Face à ces préoccupations, le CNOSCG appelle les autorités guinéennes à agir avec responsabilité afin d’éviter que ces difficultés ne se transforment en une crise de confiance durable dans le système financier national. L’organisation rappelle que l’accès des citoyens à leurs propres ressources financières constitue un droit légitime et un élément fondamental du fonctionnement normal de l’économie.
Dans son communiqué, le CNOSCG invite la Banque centrale à publier régulièrement des informations transparentes sur la situation de la liquidité dans le système bancaire afin de rassurer les populations. Il appelle également le gouvernement et les institutions financières à ouvrir un cadre de concertation avec les organisations de la société civile, les acteurs économiques et les associations de consommateurs pour identifier des solutions durables.
Par ailleurs, l’organisation demande aux autorités compétentes de renforcer les mécanismes de suivi afin de garantir un accès normal et équitable aux services financiers. Elle exhorte également les institutions financières et les opérateurs économiques à respecter strictement les règles et les pratiques transparentes dans les opérations financières.
Le CNOSCG appelle en outre les distributeurs et points de service Orange Money et Mobile Money à s’abstenir de toute pratique de surfacturation susceptible de fragiliser davantage les populations. Les citoyens, quant à eux, sont invités à faire preuve de vigilance et à signaler toute pratique abusive auprès des structures compétentes.
Enfin, l’organisation réaffirme sa disponibilité à contribuer, dans un cadre constructif et citoyen, aux réflexions et initiatives visant à renforcer la transparence, la stabilité économique et la protection des citoyens.
« La confiance économique d’une nation ne se décrète pas : elle se reconstruit chaque jour à travers la transparence, la responsabilité et la protection effective des citoyens », conclut le communiqué.
CONSCG COMMUNIQUE CRISE DE LIQUIDITES
AAS




