L’enseignement supérieur guinéen franchit un palier historique. Avec l’intégration officielle d’une deuxième cohorte de 300 enseignants-chercheurs titulaires de doctorats, le pays totalise désormais 450 nouveaux experts recrutés en moins de deux ans. Pour la Ministre Dre Diaka Sidibé, ce déploiement massif n’est pas une simple formalité de gestion, mais le pivot d’une révolution académique visant à pallier des décennies de déficit structurel.

Lors de son allocution, la Ministre a rappelé l’urgence de ce renforcement alors que les effectifs étudiants explosent. « Pendant longtemps, nous avons fonctionné avec moins de 10% d’enseignants de rang magistral, un encadrement doctoral insuffisant et une faible capacité à mobiliser des financements compétitifs », a-t-elle diagnostiqué. Pour elle, cet investissement est avant tout un acte politique fort, structurant pour l’avenir de la Guinée sous le leadership du Président Mamadi Doumbouya.

 

S’appuyant sur les chiffres de la première cohorte d’octobre 2024, Dre Diaka Sidibé a balayé les doutes sur l’efficacité du programme en présentant des résultats concrets : un score moyen de performance de 78% et 487 cours dispensés sur l’année. « Concrètement, cela signifie moins de vacances de cours, moins de retard académique, une meilleure stabilité des programmes et un encadrement plus structuré des masters », a-t-elle précisé, tout en soulignant que ces succès « ne suffisent pas ».

 

La Ministre a profité de cette tribune pour définir les nouvelles règles du jeu académique : l’ère de l’impunité et du laisser-aller est révolue. « Je le dis solennellement : nous attendons un impact mesurable. Le temps du recrutement sans redevabilité est terminé. Désormais, chaque enseignant-chercheur aura un cahier de charges ; chaque activité devra être traçable », a-t-elle martelé.

 

L’ambition affichée est claire : passer d’un renforcement quantitatif à une transformation qualitative profonde. Les nouvelles recrues sont investies d’une mission qui dépasse le cadre des amphithéâtres. Elles devront s’attaquer à la refonte des maquettes pédagogiques, à l’instauration d’une rigueur méthodologique accrue, à la promotion d’une culture de publication scientifique internationale et à la capacité de monter des projets de recherche capables de drainer des financements.

 

En rendant un hommage appuyé à son prédécesseur, le ministre Alpha Bacar Barry, pour avoir initié cette dynamique, Dre Diaka Sidibé a conclu en rappelant que ces 450 docteurs constituent désormais le fer de lance d’une université guinéenne qui se veut compétitive, transparente et résolument tournée vers le transfert de compétences.

 

Thierno Amadou Diallo