Kissidougou Un violent incendie, dont l’origine reste pour l’instant inconnue, a ravagé dans la nuit du vendredi 27 février 2026 une vaste plantation d’ananas située à Sirdou, une localité relevant de la sous-préfecture de Gbangbadou, à environ 15 kilomètres de la commune urbaine de Kissidougou.

Le sinistre a entièrement détruit plus de 6 800 pieds d’ananas, sur une superficie d’environ un hectare et demi, au sein d’un domaine agricole de 10 hectares patiemment mis en valeur après plusieurs années de durs labeurs. Une perte énorme pour son propriétaire, Abou Mara, plus connu sous le nom de Abou-Sirdou, un jeune entrepreneur agricole originaire de la localité.
Diplômé en biochimie à l’Université Julius N’yéréré de Kankan, où il a obtenu sa licence en 2016, Abou Mara s’est très tôt tourné vers l’entrepreneuriat agricole, convaincu que la terre pouvait offrir des opportunités durables à la jeunesse.
Sur l’origine de l’incendie, la victime évoque plusieurs hypothèses, sans toutefois pointer du doigt qui que ce soit :
« L’incendie s’est déclaré pendant la nuit. Ce n’est qu’au matin que nous avons constaté les dégâts. Pour l’instant, je ne peux pas dire s’il s’agit d’un acte intentionnel ou non. Habituellement, quand quelqu’un met le feu pour chasser les agoutis, il informe les propriétaires des plantations voisines. Mais dans la vie, il existe aussi des personnes mal intentionnées ou jalouses. Dieu seul sait ce qui s’est réellement passé. Moi, je n’accuse personne, je m’en remets à la volonté divine. Pourtant, une équipe surveillait les lieux, mais le feu s’est déclaré la nuit », explique-t-il avec émotion.
Cette catastrophe survient à un moment particulièrement cruel pour le jeune agriculteur, qui venait à peine de commencer à récolter les fruits de son travail.
« Aujourd’hui, c’est très dur pour moi. Je suis à genoux, mais je vais rebondir, s’il plaît à Dieu. Je viens de loin. J’ai commencé en 2021 avec mon défunt père, avant de voler de mes propres ailes en créant ma propre plantation sur le domaine familial. J’ai énormément souffert pour trouver des rejets d’ananas. J’ai sillonné plusieurs localités comme Tingambaya, Albadariah (Mermèriah), Waltô ou encore Wourdou, dans Manfran. Partout, les rejets se vendaient à 500 francs l’unité. Au total, j’avais planté 6 800 pieds. Avant l’incendie, nous avions même commencé la récolte. On envoyait les produits aux marchés hebdomadaires de Tokounou ou Yardô. Le feu est venu au moment où je commençais enfin à goûter le fruit de mes efforts. Aujourd’hui, je repars à zéro », confie-t-il.
Malgré l’ampleur des dégâts, Abou Mara refuse de céder au découragement. Son plus grand défi reste désormais la recherche des rejets d’ananas, indispensables pour relancer son activité agricole.
« Le plus difficile, c’est la collecte des rejets. C’est un véritable parcours du combattant. À travers votre site d’information, je lance un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour m’aider à en trouver. L’agriculture est ma passion, surtout la culture de l’ananas. Je ne démissionnerai jamais », lance-t-il avec détermination.
Un cri du cœur qui interpelle, dans une région où l’agriculture demeure l’un des principaux leviers d’autonomisation de la jeunesse.
Depuis Kissidougou,
L’Héritier de Faramaya




