Les autorités locales de Kissidougou ont entamé, ce  weekend, une vaste opération de déguerpissement des emprises des voiries urbaines, marquant une nouvelle étape dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public. Le lancement officiel de cette opération de grande envergure s’est fait sur l’axe routier reliant le stade préfectoral Jean Djibril Léno au grand marché central. Cette route stratégique traverse le quartier Timbo avant de déboucher sur une voie secondaire menant vers le quartier Farakô, longtemps encombrée par des étals, boutiques de fortune et conteneurs.

Dès les premières heures de la matinée, des éléments de la police et de la gendarmerie, appuyés par les forces de défense, ont procédé au dégagement des emprises occupées depuis plusieurs années par des  vendeuses et divers commerçants. Selon les autorités préfectorales et communales, cette opération, pilotée par la commune urbaine, s’étendra à l’ensemble des voies publiques occupées de manière anarchique.

Pour Mamady Mansaré, vice-président de la délégation spéciale de la commune urbaine, l’opération n’a rien de spontané. « S’il n’y a ni résistance ni révolte aujourd’hui, c’est parce que les occupants ont été largement sensibilisés. Nous avons échangé avec la Chambre de commerce, rencontré les représentantes des femmes vendeuses, et le président de la délégation spéciale a multiplié les sorties médiatiques depuis plus d’un mois pour expliquer le bien-fondé de cette opération », a-t-il expliqué.

Mamady Mansaré, vice-président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kissidougou

L’autorité communale insiste sur la responsabilité de l’État et des collectivités locales dans la régulation de la circulation.

« L’État investit des milliards pour construire des routes. Il n’est pas question de les transformer en marchés. Kissidougou ne manque pas de marchés : Sogbè, Kankan-Koura, Limania ou encore Kôrôdou sont des espaces bien aménagés. J’invite donc les femmes vendeuses déguerpies à rejoindre ces marchés », a-t-il lancé.

Mamady Mansaré rassure également sur la suite de l’opération :

« Le dégagement va se poursuivre jusqu’à la libération complète des principales voies de la commune urbaine. Je suis personnellement sur le terrain pour éviter tout débordement. Pour le moment, tout se déroule dans les règles de l’art ».

Du côté des personnes déguerpies, le ton est plus critique. Certains estiment que les forces de l’ordre ont outrepassé les limites initialement définies. C’est le cas d’Ali Sourakata Camara, vendeur de balais. « Les militaires n’ont pas respecté les limites annoncées. Notre magasin est situé derrière les caniveaux, loin de la chaussée. Lors des sensibilisations, on nous avait dit que seuls ceux installés sur la route seraient concernés. Malgré cela, tout a été saccagé. Nous restons pacifiques, mais nous demandons aux autorités de venir constater et de nous rétablir dans nos droits », a-t-il plaidé.

Ali Sourakata Camara, vendeur de balais

Il convient de rappeler que des opérations similaires avaient déjà été menées l’année dernière, touchant plusieurs boutiques et magasins situés le long de la route menant au quartier Dounikônô, derrière la résidence du préfet et aux abords de la place publique.

Depuis Kissidougou,
L’Héritier de Faramaya