Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a livré une sortie au ton particulièrement ferme à l’endroit des magistrats et des greffiers, qu’il accuse de négligence professionnelle et d’un usage excessif des réseaux sociaux au détriment du service public de la justice.

« Un juge d’instruction qui est là, au lieu de faire son travail, est sur les réseaux sociaux pendant que les justiciables attendent », a dénoncé le ministre. Selon lui, certains magistrats arrivent en retard, quand ils arrivent, et passent une partie de leur temps connectés, loin de leurs obligations judiciaires.

Pour le garde des Sceaux, les réseaux sociaux ne constituent ni un espace approprié ni un cadre acceptable pour les magistrats et greffiers. Il fustige notamment leur implication dans des débats politiques en ligne, jugée incompatible avec leur devoir de réserve et d’impartialité.« Ce n’est pas le lieu approprié pour les magistrats ni pour les greffiers », martèle-t-il, appelant à une rupture nette avec ces pratiques.

Face à ces dérives, le ministre annonce une dynamisation de l’Inspection des services judiciaires et pénitentiaires, avec des contrôles inopinés destinés à vérifier la présence effective des agents dans leurs juridictions.

Il s’insurge également contre certains magistrats et greffiers qui voyagent sans autorisation, parfois à l’insu même de leurs chefs de juridiction.
« Il faut qu’on reste dans le bureau pour travailler. Tu viens au département pourquoi faire ? », Lance-t-il, sans détour.

Le ministre insiste aussi sur le respect strict des horaires d’audience, appelant les présidents de juridiction et les procureurs à donner l’exemple.
« Quand une audience est fixée à 8 heures, elle doit commencer à 8 heures », souligne-t-il, estimant que la rigueur des magistrats conditionne également la discipline des avocats.

 « Travailler pour mériter son salaire »

Rappelant que les magistrats bénéficient de congés réglementaires, y compris de longues vacances judiciaires, le ministre exhorte chacun à accepter le travail comme une responsabilité et non comme une contrainte.

« Acceptons de travailler pour mériter nos salaires », a-t-il conclu, plaçant les chefs de juridiction comme premiers garants de la discipline, de l’éthique et du respect du service public de la justice.

 AAS