Un incident sécuritaire majeur a été signalé à l’aube du lundi 23 février 2026 dans le village frontalier de Kaliyereh, situé dans le chiefdom de Sulima, district de Falaba, au nord de la Sierra Leone. Plusieurs agents de sécurité sierra-léonais y ont été capturés par des soldats présumés des Forces armées guinéennes, ravivant les tensions récurrentes le long de la frontière avec la Guinée.

Selon le porte-parole des Forces armées de Sierra Leone, Air Commander Hassan Sei Coomber, la confrontation s’est produite à un poste de contrôle érigé par les forces sierra-léonaises sur un territoire qu’elles considèrent comme relevant de leur souveraineté nationale. Les soldats impliqués appartiendraient notamment à la Republic of Sierra Leone Armed Forces (RSLAF).

D’après les premières informations recueillies, les militaires sierra-léonais avaient mis en place un checkpoint à Kaliyereh lorsque des soldats guinéens seraient intervenus, contestant la légitimité de ce poste et affirmant que la zone faisait partie du territoire guinéen. Les Guinéens auraient exigé des coordonnées GPS afin d’établir la délimitation exacte de la frontière, avant que la situation ne dégénère en affrontements.

Des témoignages locaux et des images largement relayées sur les réseaux sociaux font état de violences physiques ayant entraîné des blessés. Au moins 13 personnes auraient été capturées, parmi lesquelles des soldats de la RSLAF et des officiers de l’Operational Support Division (OSD) de la police sierra-léonaise.

Une vidéo devenue virale montre un lieutenant de l’armée sierra-léonaise présentant de graves blessures, notamment une plaie par arme blanche près de l’œil et une perforation de l’oreille. Un agent de l’OSD y déclare : « Ils ont capturé nos hommes ; ce n’est plus une plaisanterie », rapporte le média en ligne Sierraloaded.

Toujours selon les informations disponibles, les agents capturés auraient été transférés vers Conakry, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait encore été faite par les autorités guinéennes.

La frontière entre la Guinée et la Sierra Leone demeure historiquement sensible, notamment autour de la localité de Yenga, disputée depuis la fin de la guerre civile sierra-léonaise. Malgré plusieurs accords bilatéraux visant à apaiser les tensions, les différends liés à la délimitation territoriale continuent d’alimenter des frictions régulières, tant sur le plan militaire que diplomatique.

Pour l’heure , aucune réaction officielle n’a été enregistrée à Conakry. De son côté, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne s’est pas encore exprimée sur cet incident, alors que la situation suscite une vive inquiétude dans la sous-région.

AAS