Le scandale prend de l’ampleur autour de la gestion du contrat pétrolier liant l’État guinéen à Addax and Oryx Group. Dans un communiqué au ton ferme, le Réseau National des Acteurs du Développement Durable (RENADE) dénonce la prolongation jugée « irrégulière » du contrat de ce trader suisse, et exige sa suspension immédiate ainsi que la reddition de comptes des autorités concernées.

Selon le RENADE, la reconduction du contrat pour une durée de six mois s’est faite sans appel d’offres, en violation flagrante des principes de transparence et de bonne gouvernance. Une situation que l’organisation qualifie d’« affront » au peuple guinéen, d’autant plus que le contrat aurait dû être remis en concurrence.

Le réseau rappelle que le marché avait été attribué en 2022 à Sahara Group à l’issue d’un appel d’offres, avant de ne pas être renouvelé en 2024 en raison de soupçons de corruption. Dans ce contexte, le retour d’Addax, pourtant écarté lors de la procédure précédente, soulève de graves interrogations.

Pour le RENADE, cette situation constitue un cas manifeste de favoritisme, de prise illégale d’intérêts et de biens mal acquis, impliquant un opérateur déjà cité dans des affaires de corruption et de carburant toxique à l’international.

Face à ce qu’il considère comme un scandale d’État, le Réseau National des Acteurs du Développement Durable exige : la suspension immédiate du contrat liant l’État guinéen à Addax and Oryx Group ; des explications publiques du Gouvernement sur les conditions de cette prolongation ; l’ouverture d’enquêtes sur les faits présumés de corruption et de blanchiment de capitaux.

Le RENADE va plus loin en réclamant la démission du Dr. Lancinet Condé, Directeur général de la Société Nationale des Pétroles (SONAP), ainsi que de tous les acteurs impliqués dans cette affaire.

Alors que les autorités de la transition affichent leur volonté de refondation et de moralisation de la gestion publique, cette affaire relance le débat sur la gouvernance du secteur stratégique des hydrocarbures en Guinée. Le silence du Gouvernement, pour l’heure, contraste avec la gravité des accusations portées.

ADDAX ENERGY PROLONGATION DE CONTRAT IRRÉGULIER

AAS