À Kindia, les coupures répétées d’électricité mettent les nerfs des habitants à rude épreuve. Activités économiques paralysées, nuits étouffantes et pertes financières : le ras-le-bol est général. Face à la grogne populaire, Électricité de Guinée (EDG) sort de sa réserve, explique les causes techniques des délestages et annonce l’arrivée imminente de nouveaux équipements censés stabiliser durablement la fourniture électrique.

Depuis plusieurs semaines, la ville de Kindia vit au rythme des interruptions intempestives de courant. Une situation qui affecte profondément le quotidien des ménages et fragilise les activités génératrices de revenus, notamment celles des femmes dépendantes de la conservation au froid.

Nos produits pourrissent, nos nuits sont invivables 

Au quartier Condétta 3, Adama Barry exprime son désarroi : « Nous sommes très inquiètes. Le problème d’électricité nous touche à plusieurs niveaux. Nous fabriquons des bonbons que nous conservons dans les congélateurs pour subvenir à nos besoins. Mais avec les coupures et les variations, nos produits se détériorent. La chaleur nous empêche même de dormir la nuit. Nous demandons aux autorités de nous aider à stabiliser le courant. »

Même son de cloche chez Mabinty Soumah, qui chiffre ses pertes : « Nous utilisons de vieux congélateurs pour faire vivre nos familles, mais le courant n’est pas stable. J’ai perdu des jus de gingembre d’une valeur de 300 000 francs guinéens à cause des coupures. »

L’EDG explique : surcharge, défauts techniques et protection du réseau

Interpellée par les usagers, l’EDG a livré des explications ce mercredi 18 février 2026. Ibrahima Camara, responsable d’exploitation du poste 110 kV de Kindia, évoque plusieurs causes techniques : défauts sur les lignes, surcharge du réseau et déséquilibre des phases, provoquant le déclenchement automatique des disjoncteurs. « Lorsque le courant clignote, cela signifie qu’un essai de remise en service a été effectué, mais que le système de protection détecte encore une anomalie sur la ligne », précise-t-il.

Il ajoute que certaines coupures sont volontaires, afin d’éviter des dégâts plus graves. Le transformateur actuellement en service, d’une capacité de 15 MVA, fonctionne bien au-delà de ses limites.

« Le transformateur est saturé. Sans délestage, il pourrait brûler et plonger toute la ville dans le noir. Nous sommes donc contraints d’alimenter les quartiers par rotation », explique le responsable.

Des transformateurs de 50 MVA annoncés

Pour sortir de cette situation, l’État prévoit l’installation de nouveaux transformateurs de 50 MVA, capables de renforcer significativement la capacité du réseau électrique de Kindia. « Dès la mise en service de la nouvelle travée, nous sortirons du délestage. L’alimentation sera stabilisée et pourra même être étendue aux localités environnantes », assure Ibrahima Camara.

Il rappelle que le poste 110 kV de Khaliakhory s’inscrit dans le cadre du projet énergétique de Garafiri. À l’origine, les besoins de Kindia étaient estimés à seulement 3 mégawatts, fournis provisoirement depuis Donkéa une configuration devenue insuffisante face à l’explosion de la demande.

Appel à la patience

Conscient des difficultés endurées par les populations, le responsable d’exploitation appelle à la compréhension : « L’État a consenti d’importants efforts dans le secteur de l’électricité. Nous demandons à la population de rester patiente. Une amélioration durable est imminente. »

En attendant, les habitants de Kindia continuent de composer avec les coupures, dans l’espoir d’un retour rapide à une fourniture électrique stable, continue et équitable.

Depuis Kindia, Moussa Kollet pour eclatinfogn.com