Une importante fumée s’est dégagée de la décharge de Dar Es Salam, située dans la commune de Gbessia, plongeant le quartier et ses alentours dans une atmosphère lourde et suffocante. Sur les images constatées sur place, un vaste panache gris recouvre les habitations, longe les lignes électriques et enveloppe les rues, contraignant les habitants à évoluer dans un air saturé.

La propagation de cette fumée expose directement les riverains à des risques sanitaires préoccupants. L’inhalation prolongée de gaz issus de la combustion de déchets peut provoquer des troubles respiratoires, des irritations oculaires et cutanées, ainsi que des complications chez les personnes vulnérables. Les enfants et les personnes âgées figurent parmi les plus exposés.

Au-delà des effets immédiats, la situation rappelle la fragilité des habitations construites à proximité du site. En saison pluvieuse, la décharge présente également des risques d’éboulement, accentués par l’instabilité des amas d’ordures et les infiltrations d’eau.
Il y a quelques mois, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’était rendu sur les lieux. Sur place, il avait rappelé la volonté exprimée au plus haut niveau de l’État : “la décharge de Dar Salam soit fermée”.
Reconnaissant que plusieurs concertations avaient déjà eu lieu sans aboutir à une fermeture effective, il insistait : “on a eu plusieurs réunions et discussions, mais ce n’est pas encore fait. Aujourd’hui, il est indispensable que les instructions du président pour la fermeture de la décharge soient appliquées le plus rapidement possible.”
Face aux risques accentués par la saison des pluies, le chef du gouvernement alertait également sur l’urgence sécuritaire. “Avec cette forte saison de pluie, avec des inondations, ce qui est urgent et ce que j’ai demandé au président de la délégation spéciale, au quartier et à l’ANSP, c’est de nous indiquer les zones les plus sensibles, les zones de risque au cas où il y aurait éboulement. Parce que dans la phase actuelle, à tout moment, avec ces pluies, il faut s’attendre à ce qu’il y ait des éboulements, donc il faut prévenir. Donc, d’ici lundi, j’aurai des rapports et des propositions pour que des mesures effectives soient prises le plus rapidement possible pour sécuriser les habitations les plus proches de la décharge ».

Des études techniques ont été engagées pour encadrer le processus de fermeture et évaluer les besoins financiers nécessaires. Le Premier ministre avait également tenu à rassurer les personnes vivant des activités liées à la décharge :
“Je sais que des gens vivent autour de l’activité de la décharge. Qu’ils sachent que derrière l’assainissement, derrière une collecte organisée, il y a des milliers d’emplois qui vont être générés dans les quartiers. Et nous allons organiser cela pour que le traitement des déchets, que la collecte des déchets puisse être source de création d’emplois, surtout pour les jeunes, dans tous les quartiers de la capitale. Et la transformation permettra d’avoir une capitale propre, une ville où les habitants seront en bonne santé, avec moins de risques lorsqu’on regarde ce qui est là. On a des frayeurs en tant que père de famille, parce que chaque jour, quelque chose peut arriver. Et nous souhaitons que rien n’arrive durant cette saison, afin que nous déployions toutes les mesures nécessaires pour la fermeture, pour le traitement des déchets, et pour rendre la ville propre dans un avenir le plus proche possible”.
La fumée observée ces dernières heures vient rappeler, de manière concrète, l’urgence d’une réponse structurelle. Pour les habitants de Dar Es Salam et des quartiers voisins, la question dépasse désormais le cadre environnemental : elle relève d’un impératif de santé publique et de sécurité immédiate.
AOD




