Alors que le Président du Directoire de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), Bah Oury, multiplie les appels à la fusion des formations politiques proches du pouvoir pour bâtir un bloc central institutionnel, le Mouvement de Concertation pour le Développement de l’Afrique (MOCODA) salue l’initiative tout en appelant à la prudence. Pour le mouvement citoyen, toute recomposition politique majeure devrait attendre le verdict des urnes afin d’éviter des alliances précipitées et contre-nature.
Dans un contexte de recomposition du paysage politique guinéen, l’initiative du Président du Directoire de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) continue de susciter débats et interrogations. En tendant la main aux formations politiques dites apparentées au pouvoir pour une fusion au sein de la GMD, Bah Oury ambitionne la création d’un bloc central institutionnel, censé renforcer la majorité présidentielle sur l’échiquier politique national.
À date, difficile d’évaluer l’adhésion réelle à cette démarche. Si certaines formations politiques se montrent favorables à l’initiative, beaucoup d’autres préfèrent temporiser, dans l’attente de garanties plus claires sur les contours, les objectifs et les implications politiques d’une telle fusion.
Face à cette dynamique, des voix issues de la société civile se font entendre. Parmi elles, le Mouvement de Concertation pour le Développement de l’Afrique (MOCODA), qui tout en saluant le caractère sincère et l’esprit rassembleur de la main tendue de Bah Oury, exprime des réserves de fond.
Le MOCODA estime que la démarche, bien que pertinente sur le principe, demeure prématurée dans le contexte politique actuel. Selon le mouvement, toute fusion ou alliance politique devrait s’appuyer sur un critère fondamental : le verdict des urnes. En clair, il serait plus équitable de laisser les partis politiques compétir librement lors des prochaines échéances électorales, chacun sur la base de son programme et de son ancrage territorial.
Pour le mouvement de concertation, la vocation première d’un parti politique reste la conquête du pouvoir par la voie démocratique. Ce n’est qu’après la publication des résultats électoraux, offrant une cartographie réelle et objective des forces politiques en présence à l’échelle nationale, que des discussions sérieuses sur des fusions ou alliances pourraient être engagées.
À ce stade pré-électoral, le MOCODA redoute l’émergence de fusions contre-nature, dictées davantage par des calculs conjoncturels que par une cohérence idéologique ou programmatique, avec le risque de produire l’effet inverse de celui recherché : fragiliser la crédibilité du jeu politique.
Le mouvement note d’ailleurs que plusieurs responsables de partis, approchés dans le cadre de cette initiative, partagent cette même inquiétude et plaident pour une approche plus progressive et inclusive.
En conclusion, le MOCODA en appelle respectueusement au Président du Directoire de la GMD, Bah Oury, afin qu’il intercède favorablement à cette proposition : attendre le verdict populaire avant toute tentative de fusion politique majeure.
La Guinée est notre patrie, l’Afrique notre avenir.
Patrice Kourouma President du MOCODA




