La Guinée a célébré en différé,  mercredi à Conakry, la Journée internationale de tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines (MGF). Une cérémonie présidée par la ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, Patricia Adeline Lamah, en présence des partenaires techniques et financiers, des représentants des collectivités locales et des acteurs de la société civile.

Dans un discours empreint de gravité et de détermination, la ministre a rappelé que la lutte contre les mutilations génitales féminines demeure une priorité nationale, au-delà des considérations institutionnelles.

« La lutte contre les mutilations génitales féminines n’est pas une lutte contre les cultures. Elle est une démarche de protection et d’élévation », a-t-elle déclaré, rejetant toute tentative de justification sociale ou communautaire de cette pratique.

Patricia Lamah a réaffirmé, sans équivoque, la position de l’État guinéen : tolérance zéro face aux MGF. Elle a souligné que cette pratique constitue une violence fondée sur le genre, aux conséquences graves sur la santé physique et psychologique des filles et des femmes, pouvant parfois entraîner la mort.

« Derrière chaque statistique, il y a un enfant, une femme, un avenir qui peut être compromis à jamais », a-t-elle insisté.

S’adressant directement aux survivantes, la ministre a livré l’un des messages les plus forts de son intervention :

« À vous les survivantes, je veux m’adresser directement. Mon département vous voit, le gouvernement vous écoute, la République vous doit protection, soins et respect. Votre expérience ne peut pas s’étouffer sous le silence. Votre expérience doit devenir une force pour empêcher que d’autres filles traversent la même épreuve », a-t-elle lancé sous les applaudissements de l’assistance.

La ministre a également rappelé l’existence de la loi L/2016/059/AN du 19 juillet 2016, qui interdit toutes les formes de mutilations génitales féminines et prévoit des sanctions contre les auteurs ainsi que la prise en charge des survivantes. Toutefois, elle a souligné que l’efficacité de cette loi dépend de son application effective et de l’adhésion des communautés.

Des avancées ont été enregistrées ces dernières années grâce à la mobilisation conjointe des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des leaders communautaires et religieux. Néanmoins, le défi reste immense tant qu’une seule fille demeure exposée au risque.

Le gouvernement entend désormais renforcer son action à travers une approche globale et coordonnée, impliquant les secteurs de la santé, de l’éducation, de la justice et de la sécurité. Un accent particulier sera mis sur la prévention dans les zones à forte prévalence, le renforcement des mécanismes d’alerte et la production de données fiables pour mesurer l’impact des interventions.

En réaffirmant l’engagement de la Guinée contre les mutilations génitales féminines, Patricia Lamah a appelé à une mobilisation collective afin que plus aucune fille ne grandisse dans la peur d’une mutilation, mais dans le respect de sa dignité et de ses droits fondamentaux.

AAS