Ils sont diplômés, qualifiés et prêts à servir leur pays. Pourtant, en Guinée, des centaines de personnes en situation de handicap continuent de faire face à un mur presque infranchissable : l’accès à l’emploi. Ce jeudi, le Collectif des Personnes Handicapées Diplômées Sans Emploi en Guinée est monté au créneau à travers une conférence de presse, pour dénoncer ce qu’il qualifie d’exclusion systémique et interpeller les autorités.

Placée sous le thème « Handicapés diplômés, oubliés, nous voulons servir notre nation. Donnez-nous de l’emploi ! », La rencontre a donné lieu à des témoignages empreints à la fois de dignité, de frustration et d’espoir.

« Cette conférence de presse est consacrée à une question cruciale pour notre société : l’insertion professionnelle des personnes handicapées diplômées », a déclaré le collectif en ouverture.

Pourtant, le cadre juridique existe. La Guinée a ratifié plusieurs instruments internationaux et nationaux protégeant les droits des personnes en situation de handicap, notamment la Convention 159 de l’OIT, la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH), la Constitution de 2025, ainsi que la loi de septembre 2025 sur la promotion et la protection des droits des personnes handicapées.

Mais sur le terrain, ces textes peinent à se traduire en actes concrets.

« Dans les hôpitaux, dans la circulation ou dans les files d’attente, la priorité est accordée aux personnes handicapées. Mais lorsqu’il s’agit de l’emploi, elles sont reléguées au second plan. Pourquoi cette différenciation ? », S’interroge le collectif.

L’annonce du recrutement à la fonction publique en 2024 avait pourtant ravivé l’espoir, notamment pour les diplômés ayant déposé leurs dossiers auprès de la FEGUIPAH. Mais contre toute attente, le ministère concerné a exigé que les candidats handicapés concourent dans les mêmes conditions que les autres, mettant de côté le recrutement par dérogation, un mécanisme jusque-là reconnu pour ce groupe vulnérable.

Conséquence : des centaines de diplômés ont été écartés, sans même être évalués.

Le 18 décembre 2024, à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, une promesse officielle avait pourtant été faite : leur intégration dans la fonction publique dès le premier trimestre 2025. Depuis, selon le collectif, onze démarches auprès de la FEGUIPAH sont restées sans suite concrète.

« Nous demandons des droits, pas la charité »

Dans un ton grave, le collectif interpelle directement les autorités :

« En dehors de l’emploi, quelle est la différence entre une personne en situation de handicap et un mendiant ? »

Un cri du cœur qui résume leur combat : l’accès à l’emploi par dérogation dans la fonction publique, non comme une faveur, mais comme un droit fondamental.

Le message est clair. La balle est désormais dans le camp de l’État, appelé à joindre l’acte à la parole pour une inclusion réelle et effective des personnes handicapées diplômées dans la vie professionnelle nationale.

Fof pour eclatinfogn.com