Plusieurs semaines après le décès de deux femmes à la suite d’interventions chirurgicales pratiquées dans des cliniques clandestines à Kankan, la justice sort de son silence. Le parquet du tribunal de première instance de Kankan a officiellement communiqué sur l’évolution du dossier. Dans une interview accordée ce mardi 10 février 2026, le procureur de la République, Fodé Bintou Keïta, a apporté des éclaircissements sur les poursuites engagées contre les présumés auteurs et leurs complices.
Revenant sur la qualification juridique des faits, le magistrat a tenu à dissiper toute confusion quant à la nature des infractions retenues. Selon lui, les mis en cause ne sauraient bénéficier de la qualification d’homicide involontaire.
« Lorsque ces dames ont perdu la vie dans cette clinique clandestine, le procureur général près la Cour d’appel de Kankan m’a saisi de la commission de cette infraction. À ce jour, les personnes à l’origine de ces faits sont poursuivies pour usurpation de fonction et pour meurtre. Elles ne peuvent en aucun cas se prévaloir de l’homicide involontaire, dans la mesure où le décès résulte directement d’actes posés sans aucune qualité légale. Si les auteurs avaient disposé de la compétence et de l’autorisation requises, cette qualification aurait pu être envisagée. Or, ce n’est pas le cas. Il n’existe donc aucune excuse légale », a-t-il martelé.
Le procureur a également souligné que les principaux suspects ont pris la fuite, conscients du caractère illégal et contraire aux lois de la République de leurs actes. Toutefois, cette situation ne saurait entraver l’action judiciaire.
« Dès la saisine du parquet, des instructions fermes ont été données aux officiers de police judiciaire, qui ont immédiatement ouvert les enquêtes. Même si les suspects sont actuellement en fuite, la procédure suit son cours et ira jusqu’à son terme. Ils seront interpellés, ainsi que leurs complices, et traduits devant les juridictions compétentes », a rassuré le procureur de la République.
Cette prise de parole intervient dans un climat de vive indignation au sein de l’opinion publique, alors que les autorités judiciaires et administratives intensifient les actions pour enrayer la prolifération des cliniques clandestines dans la région de Kankan.
De Kankan, Koumba Djessou Camara pour Eclatinfogn.com




