Nommé à la tête du tout nouveau ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, Mory Condé a officiellement pris fonction en affichant une ambition claire : faire de son département un acteur historique de la transformation sociale et économique de la Guinée. Pour la première fois dans l’histoire administrative du pays, l’ensemble des secteurs liés à l’emploi, au travail et à la protection sociale est regroupé au sein d’un même ministère. Une réforme structurelle majeure que le nouveau ministre qualifie de vision intégrée, cohérente et stratégique de l’action publique sociale. « Je mesure pleinement l’honneur qui m’est fait d’être le premier ministre appelé à conduire ce département », a-t-il déclaré.
Mory Condé a salué la confiance du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, soulignant son choix assumé de confier des responsabilités stratégiques à une jeunesse compétente et engagée. Il a également rendu un hommage appuyé à ses prédécesseurs, notamment François Fayabournou, pour les bases normatives et institutionnelles posées dans le secteur de l’emploi et de l’employabilité.

L’emploi comme priorité absolue
Face à une jeunesse nombreuse et dynamique, le ministre a placé l’emploi au sommet de ses priorités. Il a annoncé le lancement imminent d’un plan stratégique pour l’emploi et l’entrepreneuriat, qu’il promet concret, territorialisé et mesurable, loin des catalogues de promesses sans impact.
Les secteurs à fort potentiel — agro-industrie, mines avec transformation locale, numérique et services — seront au cœur de cette stratégie. Mory Condé a également annoncé une simplification radicale du cadre légal pour les PME, en synergie avec les départements du Commerce, de l’Éducation et de la Formation professionnelle, afin de créer de véritables passerelles entre formation et besoins réels des entreprises.
Dialogue social, paix et protection des travailleurs
Se définissant comme « le ministre du dialogue et de l’écoute », Mory Condé a tendu la main aux partenaires sociaux, syndicats et patronat, pour instaurer un dialogue franc et permanent. L’amélioration des conditions de travail, l’application stricte du Code du travail, la sécurité et la santé au travail, ainsi que la lutte contre le travail des enfants et les discriminations constituent, selon lui, des combats non négociables.
Sur le volet protection sociale, le ministre a annoncé la construction progressive d’un système universel, incluant l’extension de la sécurité sociale aux travailleurs de l’économie informelle et aux professions libérales, le renforcement des retraites, ainsi que la mise en place de l’assurance chômage et de l’assurance maladie obligatoire. « Personne ne doit être laissé au bord du chemin », a-t-il martelé.
Digitalisation et souveraineté de l’emploi national
La digitalisation des services du ministère sera une obligation, et non un choix, afin de garantir transparence, traçabilité et efficacité administrative. Le département se veut résolument un ministère de terrain, à l’écoute des travailleurs, des artisans, des femmes commerçantes, des jeunes diplômés et des paysans à travers tout le pays.
Évoquant le programme Simandou 2040, Mory Condé a insisté sur son potentiel historique de création d’emplois et de développement des compétences nationales. Il a toutefois été ferme sur la question de la main-d’œuvre étrangère : celle-ci sera strictement encadrée par la législation nationale, avec priorité à l’emploi local, au transfert de compétences et à l’égalité de traitement.
Moment fort de la cérémonie, l’hommage rendu au syndicaliste Ablai Sow a rappelé l’engagement personnel de Mory Condé dans la résolution de crises sociales majeures, notamment celles ayant conduit à des avancées salariales significatives pour les travailleurs guinéens. Un parcours qui, selon lui, n’est pas le fruit du hasard, mais d’un chemin guidé par la responsabilité et la foi.
En conclusion, le nouveau ministre a appelé à l’unité, à l’engagement collectif et à l’action, convaincu que la mission qui s’ouvre est exigeante mais porteuse d’espoir pour l’avenir social de la Guinée.
AAS




