Nommé ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno a officiellement pris fonction en dressant un bilan chiffré des réformes engagées et en affichant une ambition claire : faire de l’administration guinéenne un levier central du développement national et de la réussite du programme Simandou 2040.Dans un discours empreint de reconnaissance et de vision stratégique, le nouveau ministre a rappelé que la création de son département répond à une réflexion mûrie sur la nécessité de dissocier la modernisation de l’administration des questions liées à l’emploi et à la protection sociale, afin de renforcer l’efficacité de l’action publique. Une vision devenue réalité avec la mise en place du nouveau gouvernement.
Des réformes structurelles aux résultats mesurables
Faya François Bourouno a salué la confiance renouvelée du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, estimant que les réformes conduites ces dernières années constituent aujourd’hui des bases solides pour bâtir une administration moderne et crédible.
Parmi les avancées majeures, il a mis en avant le recrutement de 20 000 nouveaux fonctionnaires sur des critères de transparence et d’égalité des chances, rendu possible grâce à la digitalisation des procédures. La gestion des ressources humaines de l’État a connu une transformation profonde avec la mise en place du fichier unique de gestion administrative et de la solde, intégrant le suivi de carrière, le contrôle financier et la formation en ligne.
Résultat : les délais de traitement des dossiers sont passés de trois à six mois à moins de trente minutes, tandis que la maîtrise des effectifs et de la masse salariale a permis de générer 300 milliards de francs guinéens d’économies en trois ans.
Lutte contre les agents fictifs et amélioration des conditions de vie
Les contrôles menés par l’Inspection générale de l’administration publique ont permis d’identifier 3 369 agents fictifs dans les secteurs de la santé et de l’éducation, entraînant une économie budgétaire estimée à 80 milliards de francs guinéens. Le ministre a également relevé des déséquilibres importants dans la répartition des effectifs, avec près de 20 % de postes vacants dans certains ministères.
Sur le plan social, les conditions de vie des agents publics se sont améliorées grâce à la couverture médicale généralisée, prenant en charge jusqu’à 80 % des frais de santé, y compris pour les retraités. Les revenus ont également été revalorisés, avec une augmentation de 35 % de la valeur du point d’indice, l’octroi de nouveaux échelons et une hausse significative des pensions de retraite.
Formation, innovation et défis persistants
La formation continue et la qualification professionnelle ont été érigées en priorité, avec près de 8 000 agents formés, dont une forte proportion de femmes, et le lancement de formations certifiantes à l’Institut national de formation et de perfectionnement. Le ministère a également introduit un outil d’intelligence artificielle baptisé FUMBA, destiné à faciliter la gestion administrative et l’interaction avec les agents de l’État.
Malgré ces avancées, Faya François Bourouno reconnaît que l’administration guinéenne reste confrontée à des défis majeurs : lourdeurs administratives, déficit de culture de performance, coordination limitée des réformes et besoins urgents en effectifs, notamment dans la santé et l’éducation où 35 000 agents supplémentaires sont nécessaires.
Pour relever ces défis, le ministre entend faire de la modernisation de l’administration un pilier de Simandou 2040, en misant sur l’interministérialité, le dialogue et la complémentarité des actions publiques. L’ouverture prochaine de l’École nationale d’administration (LÉNA), un projet de logements pour les fonctionnaires, un programme pluriannuel de recrutement et la création d’un guichet unique du service public figurent parmi les priorités annoncées.
En conclusion, Faya François Bourouno a lancé un appel solennel aux agents publics à plus de loyauté, de professionnalisme et d’engagement, rappelant que l’administration doit rester exclusivement au service de l’intérêt général
AAS





