À Lola, en région forestière, la lutte contre l’insalubrité prend une nouvelle tournure. Les autorités communales ont décidé de passer à l’offensive face à la prolifération des déchets solides, notamment au grand marché de la ville, principal pôle d’activités économiques. Ce dimanche, le président de la délégation spéciale de Lola, Benjamin Doré, accompagné des membres de la collectivité locale et des responsables de quartiers, a conduit une vaste opération d’assainissement au cœur du marché central. Objectif : rendre cet espace vital propre, sain et praticable, pour le bien-être des commerçants et des citoyens.


Sur le terrain, pelles, balais et camions-bennes ont été mobilisés pour évacuer d’importants tas d’ordures qui encombraient les allées du marché et ses environs. Une situation aggravée, selon les autorités, par des difficultés d’accès liées à des barricades érigées depuis plusieurs semaines, empêchant la libre circulation des engins de ramassage des déchets.
« Le but, c’est d’assainir la ville de Lola comme nous le faisons régulièrement. Nous ne badinons pas avec la question des ordures. Ce matin encore, nous sommes sortis pour nettoyer la ville », a déclaré Benjamin Doré, président de la délégation spéciale.

Il a toutefois pointé du doigt le manque de collaboration d’une partie de la population, notamment le refus de s’abonner au service communal de collecte des déchets, une situation qui complique davantage le travail des équipes d’assainissement.
« Nous avons sensibilisé la population à s’abonner aux poubelles de la commune, mais beaucoup refusent et préfèrent jeter les ordures sur la chaussée du marché », a-t-il regretté.
Du côté des quartiers, les responsables locaux appellent à une prise de conscience collective. Yakouba Kourouma, président du conseil de quartier de Kpèlèkoly, insiste sur la responsabilité partagée dans la préservation de la salubrité urbaine.
« Ce n’est pas seulement l’affaire de la commune ou des chefs de quartiers. Chacun doit se sentir concerné. Ce sont nos mamans et nos papas qui fréquentent le marché. Il faut assainir pour leur santé et pour celle de toute la communauté », a-t-il souligné.

Même son de cloche chez l’administrateur du marché de Lola, Ouana Soumaoro, qui alerte sur les risques sanitaires liés à l’accumulation des déchets, surtout dans une ville frontalière comme Lola, située entre le Libéria et la Côte d’Ivoire.
« La présence des déchets solides sur les artères principales du marché pose un sérieux problème de santé publique. Nos moyens actuels, notamment les tricycles, sont insuffisants », a-t-il expliqué, avant de lancer un appel au gouvernement pour un appui matériel conséquent.

Tous les acteurs rencontrés s’accordent sur une évidence : sans l’implication active des populations, les efforts des autorités resteront limités. À Lola, la bataille contre les ordures est lancée, mais sa victoire dépendra d’un engagement citoyen durable pour faire de la ville un espace propre, sain et accueillant.
AAS




