Nommé ministre de la Communication, de l’Économie Numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, Mourana Soumah a officiellement décliné sa vision lors de sa prise de fonction. Un discours de fond, marqué par une forte dimension stratégique, dans lequel le nouveau ministre a insisté sur la souveraineté numérique, la modernisation des médias et l’accélération de l’économie digitale au service du développement national.

Un ministère au cœur de la souveraineté moderne

Pour le nouveau patron de la Communication et de l’Économie numérique, les secteurs de l’information, des télécommunications, de l’innovation et des postes ne peuvent plus être pensés de manière isolée. Ils constituent désormais des leviers majeurs de gouvernance publique, de compétitivité économique et de cohésion sociale.

Il a notamment mis en avant le rôle stratégique des radios rurales, véritables vecteurs de communication de proximité pour près de 70 % de la population guinéenne, majoritairement rurale et agricole. Une attention particulière sera accordée à leur modernisation, avec près d’une quarantaine de radios déjà engagées dans une transition progressive vers le numérique.

Médias, TNT et structuration du secteur

Mourana Soumah a réaffirmé son ambition de bâtir un paysage médiatique professionnel, responsable et moderne. Les médias de service public verront leur couverture renforcée sur l’ensemble du territoire, tandis que des structures d’appui comme la Maison de la Presse et le FADeL bénéficieront d’un accompagnement accru.

Parmi les chantiers majeurs figure la migration vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT). Le ministre a annoncé une ratification rapide des accords de financement par le Conseil national de la Transition, afin d’assurer le déploiement effectif du projet et l’entrée définitive de la Guinée dans l’ère de la télévision numérique.

Accélérer l’économie numérique et l’innovation

Sur le volet économique, le ministre entend consolider les acquis tout en accélérant les investissements dans les infrastructures critiques, la souveraineté des données, les plateformes de gouvernance électronique et les partenariats numériques internationaux.

« L’innovation ne sera pas un slogan. Elle devra produire de la valeur ajoutée, créer des emplois et renforcer la compétitivité de notre économie », a martelé Mourana Soumah, soulignant que l’économie numérique représente actuellement 4,4 % du PIB guinéen, avec environ 220 millions de dollars d’investissements en 2025.

L’amélioration du backbone national, l’augmentation du taux de pénétration d’Internet — encore inférieur à 30 % — ainsi que le développement du mobile money et de l’inclusion financière figurent parmi les priorités. La Guinée devra, selon lui, gagner entre 15 et 20 points pour se hisser au niveau des standards sous-régionaux.

Une Poste modernisée et une administration interconnectée

Autre chantier clé : la modernisation de la Poste guinéenne, appelée à devenir un acteur central de l’inclusion territoriale, sociale et financière, notamment dans les zones rurales. En parallèle, les systèmes intégrés de gestion de l’État continueront d’être déployés afin d’améliorer l’interconnexion des plateformes budgétaires, comptables et financières.

Engagement, rigueur et ouverture

Conscient des efforts déjà consentis par les cadres et travailleurs du ministère, Mourana Soumah a appelé à la loyauté institutionnelle, à la discipline et au sens élevé de l’intérêt général. Il s’est engagé à promouvoir la compétence, le mérite et la transparence dans la gestion des équipes.

Enfin, le ministre a tendu la main aux médias publics et privés, aux opérateurs économiques, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux institutions régionales et internationales, estimant que la réussite de cette ambition collective repose sur une coopération sincère et efficace.

« Le défi est immense, mais les bases sont solides », a-t-il conclu, réaffirmant sa volonté de servir l’État et le peuple de Guinée avec humilité, loyauté et détermination.

AAS