Conakry, 5 février 2026 — Le franc guinéen (GNF) figure officiellement parmi les dix monnaies les plus faibles au monde en 2026, selon un classement récent établi sur la base des taux de change face au dollar américain.
Le magazine économique Forbes, qui a compilé ces données à partir du convertisseur de devises Open Exchange, met en évidence une liste de dix devises dont la valeur unitaire est extrêmement basse par rapport au billet vert. Dans ce classement, le franc guinéen est positionné en septième place, avec un taux moyen d’environ 0,000115 dollar par unité, ce qui implique qu’un dollar équivaut à plus de 8 650 francs guinéens.
À l’échelle mondiale, seules des monnaies comme la livre libanaise, le rial iranien ou le dong vietnamien affichent une valeur encore plus faible face au dollar. Le franc guinéen devance ainsi plusieurs monnaies d’Afrique et d’Asie, reflétant un contexte de forte pression sur le marché des changes.
Une faiblesse aux racines multiples
L’inscription du GNF dans ce classement n’est pas seulement une donnée technique : elle reflète des défis économiques structurels profonds. La Guinée, malgré ses importantes ressources naturelles, est confrontée à des contraintes macroéconomiques persistantes, notamment une inflation soutenue, une forte demande de devises étrangères et une offre limitée de devises sur le marché local.
Selon des analystes économiques, ces mouvements de change traduisent une perte de compétitivité du franc guinéen face aux grandes monnaies internationales, mais aussi une dépendance accrue aux importations et aux flux de devises, en particulier le dollar américain.
Impact sur l’économie et les citoyens
La faible valeur du franc guinéen a des conséquences visibles sur le coût de la vie et les activités économiques quotidiennes. Elle se traduit notamment par une augmentation des prix des biens importés, une pression sur les marges des entreprises locales et une érosion du pouvoir d’achat des ménages. Les importateurs en particulier doivent mobiliser un volume croissant de GNF pour s’approvisionner en devises fortes afin de financer leurs achats à l’étranger.
La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), chargée de la politique monétaire, surveille ces évolutions tout en tentant d’assurer la stabilité des prix et de renforcer les réserves de change. Les efforts de régulation des marchés des changes, conjugués à des réformes structurelles, sont perçus comme essentiels pour freiner l’érosion continue de la monnaie nationale.
Une comparaison régionale
Sur le continent africain, d’autres monnaies affichent également une faible valeur face au dollar, mais le franc guinéen reste l’un des plus bas dans ce classement. Par exemple, le leone sierra-léonais et l’ariary malgache comptent également parmi les devises les plus dépréciées, tandis que des économies plus diversifiées ou disposant de réserves de change plus solides maintiennent une meilleure stabilité monétaire.
AOD




