Le ministre sortant des Sports, Keamou Bogola Haba, a officiellement passé le témoin, mercredi 4 février 2026, à Cellou Baldé, nommé ministre de la Jeunesse et des Sports. Lors de la cérémonie, tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, des acteurs du mouvement sportif et de la presse, il a livré un discours marqué par un rappel détaillé des réformes engagées depuis sa nomination en mars 2024.

D’emblée, Keamou Bogola Haba a tenu à inscrire son propos dans un registre institutionnel, en remerciant le chef de l’État pour la confiance accordée. « Je voudrais, avant toute chose, rendre grâce à Dieu, socle de toutes nos actions et Maître de notre destin », a-t-il déclaré, avant d’exprimer sa reconnaissance au Président de la République, Mamadi Doumbouya, ainsi qu’au Premier ministre, Amadou Oury Bah.

Revenant sur son passage à la tête du département, le ministre sortant a rappelé que son action était guidée par « une seule et même ambition : servir nos concitoyens et produire un impact durable et utile ». Sans prétendre à un bilan exhaustif, il a égrené plusieurs réformes structurantes engagées au niveau de la jeunesse et du sport.

Parmi les actions mises en avant, il a cité « la stabilisation du personnel et le maintien des cadres à leurs postes, marquant ainsi une rupture nette avec les pratiques antérieures fondées sur la récompense et la propagande politiques », ainsi que le regroupement de l’ensemble des services dans un siège unique. Il a également rappelé l’introduction de « l’esprit du service civique et militaire » dans le volontariat jeunesse et son inscription dans la nouvelle Constitution, « en son article 26 alinéa 3 ».

Sur le plan stratégique, Keamou Bogola Haba a mis en avant l’élaboration et la validation de la Politique nationale du volontariat, accompagnée de partenariats avec « le Corps de la Paix des États-Unis, France Volontariat et le PNUD », ainsi que la pré-validation de la Politique nationale de la jeunesse et du sport. Il a aussi souligné la relance du rôle de l’AGETIPE, devenue selon lui « un véritable outil de création d’emplois de masse pour les jeunes », à travers l’approche HIMO et l’adhésion à l’AFRICATIPE.

Le ministre sortant a par ailleurs évoqué la réorientation du FONIJ vers sa mission d’insertion et d’entrepreneuriat, ayant conduit à des programmes comme « le Grand Prix FONIJ, Lassiry FONIJ, FONIJ Bank, FONIJ solutions numériques et Nexus Programme ». Une vision qu’il a inscrite dans une volonté d’occupation saine de la jeunesse, rappelant que cette frange représente « plus de 73 % de nos concitoyens ».

S’agissant spécifiquement du sport, Keamou Bogola Haba a mis en avant les efforts déployés pour « le développement de toutes les disciplines sportives », avec un accent sur le sport de masse, la formation, la gouvernance et la diplomatie sportive. Il a souligné avoir contribué à la résolution de crises dans plusieurs fédérations, notamment « le basketball, le football et le volleyball », grâce à l’implication du mouvement sportif et du Comité national olympique et sportif guinéen.

Sous son magistère, la Guinée a également accueilli plusieurs compétitions internationales, notamment en sambo, karaté, judo, boxe et natation en eau libre, avec en perspective l’organisation de la CAN de mini-foot en 2027. Il a aussi évoqué les avancées sur les infrastructures sportives, citant les stades du GLC de Nongo et du 28-Septembre, les projets d’insertion socio-sportive de Bambéto-Cosa et Sangoyah, ainsi que les stades préfectoraux et de proximité.

Dans la perspective d’une candidature à l’organisation d’une CAN, il a rappelé la finalisation des études du stade de 60 000 places de Kassonyah. Sur le volet institutionnel, il a mis en avant la création de la Direction nationale du Nimba Sport, présentée comme « un pilier stratégique de la transition vers l’économie sportive », dont il a remis l’étude d’opérationnalisation à son successeur.

Avant de conclure, Keamou Bogola Haba a rendu hommage aux cadres du ministère, aux services déconcentrés, aux fédérations, aux animateurs socio-éducatifs et aux médias, saluant leur accompagnement tout au long de son mandat. Il a enfin adressé un mot à sa famille pour « leur soutien moral, leur patience et leur compréhension ».

« Que Dieu bénisse notre chère Patrie, la République de Guinée », a-t-il conclu, au moment de passer officiellement le relais à Cellou Baldé, désormais chargé de poursuivre l’action gouvernementale à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports.

AOD