Dans une dynamique de découverte et de ressourcement, l’Association des écrivains de Guinée a effectué,  samedi 31 janvier 2026, une immersion au site touristique de Killissi, à Foulayah dans la préfecture de Kindia. Entre détente, communion avec la nature et échanges littéraires, les écrivains ont vécu une expérience inspirante, loin de l’agitation urbaine.

Quitter l’agitation urbaine pour se reconnecter à la nature, à l’imaginaire et à l’essence même de l’écriture. C’est le pari réussi de l’Association des écrivains de Guinée qui a effectué, une excursion au prestigieux site touristique de Killissi, situé à Foulayah, dans la préfecture de Kindia.

Il est 8 heures lorsque le convoi quitte le rond-point de la Tannerie à Conakry. À bord du bus, l’ambiance est déjà à la fête : échanges conviviaux, anecdotes littéraires, rires et débats animés rythment les 135 kilomètres de trajet. Une mise en condition idéale avant l’immersion.

Killissi, une nature brute et inspirante

Aux environs de 11 heures, les écrivains foulent enfin le sol de Killissi, joyau naturel niché au cœur d’une forêt dense et sauvage. Très vite, le site impose son charme : chutes et cascades majestueuses, rochers sculptés par le temps, sentiers de randonnée, vastes espaces ouverts mais généreusement arborés.
L’immersion est totale. Certains s’aventurent dans la randonnée, d’autres s’arrêtent, contemplatifs, carnet ou téléphone à la main, happés par la puissance du décor. Ici, la nature parle, inspire et invite à la création.

Pour Fadama Itala Kourouma, président de l’Association des écrivains de Guinée,
cette sortie dépasse le simple cadre touristique. « Aujourd’hui, nous avons délibérément refermé les livres, posé la plume, laissé reposer les phrases et les métaphores. Non par renoncement, mais par sagesse et par esprit de convivialité.
Il est des moments où l’écrivain doit apprendre à se taire pour mieux écouter. Écouter la nature. Écouter le monde. Écouter son propre souffle intérieur.
Killissi est une page vivante, une prose d’eau et de roche, un poème ancien que la Guinée récite depuis la nuit des temps. En venant ici, nous ne fuyons pas la littérature, nous retournons à sa source : une source d’eau, une source d’air pur, qui fortifie nos inspirations et nos plumes écarlates.
Souvenons-nous qu’avant les livres, il y eut la nature comme premier récit. Un récit qui nous inspire, nous interroge et nous permet de construire le monde à travers nos écrits, pour le présent et pour la postérité. » a-t-il affirmé.

Fadama Itala Kourouma, Président de l’AEG

Même son de cloche du côté des membres. Fatoumata Sano, visiblement émue par le cadre, évoque un moment de respiration nécessaire pour nourrir l’écriture :
« Cette sortie est une première dans l’histoire de l’Association des écrivains de Guinée. Elle nous a permis de sortir de nos zones de confort, de poser nos plumes pour venir nous recréer, nous rencontrer, échanger entre nous et nous aérer l’esprit.
Cela nous amène aussi à découvrir un autre aspect de notre civilisation. Les chutes de Killissi sont vraiment agréables, nous nous enjaillons. Vous avez vu que beaucoup sont venus avec leurs proches : des collègues, des nièces, parfois même des enfants. C’est un message fort.
Il faut que nos enfants puissent suivre nos pas. Moi, par exemple, j’ai ma petite-fille qui commence déjà à être présente comme moi sur les lieux. C’est d’abord la cohésion. Je salue aussi la bonne organisation de l’Association des écrivains, car cela fait des mois qu’ils travaillent sur cette sortie.
À l’arrivée à Killissi, nous avons été émerveillés, tout comme par l’accueil chaleureux des populations locales. Mon message est clair : j’aimerais que l’on s’occupe davantage de ce site, surtout que le ministère de l’Environnement s’y investisse encore plus. » a-t-elle martelé.

Fatoumata Sano, membre de l’association

La beauté du site ne laisse pas indifférents les visiteurs étrangers. Marie-Paule Huet, ressortissante française présente sur les lieux, salue un site « authentique et impressionnant », encore préservé : « Je visite le site avec ma petite fille qui m’amène à la découverte de la forêt sauvage, de la faune et de tous les pièges qui s’y cachent. C’est une véritable aventure.
Je trouve que c’est très beau, parce que le site a gardé son côté très sauvage, très authentique. Il y a une force, presque une violence, dans l’eau et dans la nature.
C’est une belle alliance entre la nature et l’aménagement, qui est bien conçu. Mais c’est sûr que cela demande de l’entretien, et je pense que ce ne doit pas être facile. » a-t-elle confié.

Marie-Paule Huet, ressortissante française membre AEG

Quand les mots rencontrent la nature

La journée se poursuit dans une atmosphère chaleureuse et fraternelle. Jeux de questions-réponses, histoires, contes improvisés et échanges d’expériences littéraires s’enchaînent. Une véritable communion entre plumes, où les mots circulent aussi librement que l’eau des cascades.
Pour Akain Sossoy Ébène, chargé de communication de l’association, cette sortie est aussi un acte social fort : « Le but recherché, c’est de sortir une fois dans l’année du cœur du livre. Les écrivains passent 365 jours avec leurs cahiers, leurs ordinateurs, à écrire de nouveaux romans. Cette fois-ci, nous avons décidé qu’il fallait sortir du livre et aller se recréer.
Nous avons misé sur les chutes de Killissi. Nous en avions entendu parler à travers des vidéos, mais c’est l’une des premières fois que nous les découvrons de visu. Franchement, j’ai été très émerveillé de voir un site aussi fantastique.
Nous demandons aux autorités de préserver ce bijou. C’est un site extraordinaire. Il ne s’agit pas seulement de la visite des écrivains : le ministère du Tourisme doit aussi envisager comment faire venir des touristes de l’extérieur, pour visiter Kindia et découvrir le site de Killissi. » a-t-il plaidé.

Akain Soussoy Secrétaire exécutif , chargé de communication AEG

Au-delà de la détente, cette escapade à Killissi aura permis de renforcer la cohésion sociale, de consolider les liens de solidarité entre écrivains et de rappeler que la littérature, avant d’être écrite, se vit.
À Kindia, au cœur de Killissi, les écrivains guinéens ont trouvé bien plus qu’un site touristique : une source d’inspiration à ciel ouvert.

AAS