Le 28 janvier 2026, la République de Guinée a franchi une étape importante dans son processus de développement en validant politiquement son rapport national d’examen à mi-parcours du Programme d’action de Doha (2022-2031) pour les Pays les Moins Avancés (PMA).
Organisé par le Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, à travers la Direction nationale des Organisations internationales et avec l’appui technique et financier du Système des Nations Unies, l’événement a réuni des acteurs publics et privés, la société civile et des partenaires internationaux. Cette validation témoigne de l’engagement du pays à quitter la catégorie des PMA d’ici la fin de la décennie.
L’examen à mi-parcours n’a pas seulement servi de bilan : il constitue un outil stratégique pour orienter les décisions publiques, identifier les obstacles persistants et proposer des mesures correctives afin d’accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux de la Guinée.
Dans son allocution, la Directrice Nationale adjointe des Organisations internationales a mis en avant la méthodologie inclusive utilisée pour la préparation du rapport. Cette démarche a impliqué pas moins de 26 ministères sectoriels, 8 entités techniques, la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Trois ateliers thématiques ont permis de recueillir des apports variés et multisectoriels, enrichis par une collecte étendue de données quantitatives et qualitatives puis validés techniquement avec soin. Selon elle, cette approche assure la robustesse de l’analyse et la comparabilité des résultats à l’échelle internationale.
Le rapport met en évidence un contraste entre la croissance économique et les indicateurs sociaux. L’économie affiche une dynamique soutenue, principalement portée par le secteur minier, mais celui-ci ne génère que 4 à 5 % des emplois. Sur le plan social et infrastructurel, des progrès ont été réalisés, notamment en matière de digitalisation et de couverture sociale, mais des vulnérabilités subsistent, particulièrement en zones rurales. De même, des disparités importantes persistent entre Conakry et l’intérieur du pays dans le domaine du capital humain.
Pour Jean Marie KIPELA, Coordinateur résident par intérim du Système des Nations Unies, « l’objectif d’extraire de la catégorie des PMA est désormais tout à fait réalisable ». Il a insisté sur la nécessité d’investir davantage dans le capital humain, santé, éducation et nutrition pour répondre aux critères de reclassement de l’ONU.
Lors de l’ouverture de l’atelier, l’Ambassadeur Kabèlè SOUMAH, Secrétaire Général du Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, a rappelé la nécessité d’aligner les recommandations du rapport sur la vision nationale long terme, notamment le Programme Simandou 2040. Il a souligné l’importance de dépasser la simple validation politique : « Notre tâche n’est plus seulement d’analyser, mais bien d’intensifier l’action publique. La preuve concrète de notre crédibilité collective résidera dans une appropriation réelle de ce rapport et sa déclinaison en plans d’actions sectoriels, assortis de budgets précis et de financements assurés. »
Le Secrétaire Général a également insisté sur la coordination intersectorielle pour transformer le dynamisme minier en une diversification économique durable et rappeler que, malgré le retard de développement, la réussite nationale dépend de la capacité collective à transformer obstacles et défis en opportunités : « Ce qui compte, c’est notre aptitude collective à transformer les obstacles en opportunités, et à convertir cette dynamique en une réussite nationale. »
La validation de ce rapport n’est pas seulement un exercice technique : elle marque le début d’une mobilisation collective et planifiée, où chaque acteur – public, privé et société civile est appelé à jouer un rôle concret pour transformer les ambitions de la Guinée en résultats tangibles et durables.
AOD




