La Guinée a franchi une nouvelle étape dans le suivi de ses engagements internationaux en matière de droits humains. À Conakry, les autorités ont procédé à la validation nationale du rapport relatif à l’application de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, un document attendu par les mécanismes onusiens.

Placée sous la coordination du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, à travers la Direction nationale des Droits de l’Homme, cette rencontre a réuni les principaux acteurs institutionnels, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les organisations de la société civile et les représentants syndicaux. L’objectif affiché : consolider le contenu du rapport et parvenir à une position partagée avant sa soumission officielle.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence de Maître Billy 1 Keita, chef de cabinet du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, en présence du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), de sa représentante adjointe en Guinée, Kossiwa Didi Davi, du Comité interministériel de rapportage et de suivi des recommandations, du chef du projet PROMIS, ainsi que de plusieurs partenaires institutionnels.

Dans son intervention, Maître Billy 1 Keita a replacé les travaux dans le cadre des obligations internationales de la Guinée, tout en rappelant la dimension humaine de la migration. Il a souligné que « derrière chaque migrant, il y a une histoire, une famille et des droits fondamentaux qui doivent être respectés et protégés ». Insistant sur le rôle de l’État, il a également mis l’accent sur la nécessité de lutter contre la xénophobie, la stigmatisation et les discours de haine.

Pour le chef de cabinet, la question migratoire doit désormais occuper une place centrale dans l’action publique. Il a appelé à une meilleure cohérence entre les politiques nationales et les instruments juridiques régionaux et internationaux, en particulier la Convention internationale sur les droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles. Selon lui, l’atelier de validation permet non seulement d’améliorer la qualité technique du rapport, mais aussi de s’assurer qu’il rende compte des réalités vécues par les migrants présents sur le territoire guinéen.

Adoptée le 18 décembre 1990 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Convention constitue l’un des principaux cadres juridiques de protection des travailleurs migrants. Partie au texte depuis 2000, la Guinée est tenue de présenter un rapport tous les cinq ans. Après la soumission de son rapport initial en 2015, le pays s’attelle aujourd’hui à l’élaboration de son premier rapport périodique, issu d’un processus participatif marqué par des sessions de rédaction organisées à Kindia en octobre 2025 et à Conakry en décembre 2025.

Les travaux s’inscrivent dans le dispositif du Comité interministériel de rapportage et de suivi des recommandations en matière de droits de l’Homme, dont le secrétariat est assuré par la Direction nationale des Droits de l’Homme, avec l’appui technique du HCDH et du projet PROMIS – Protection des Migrants. La recherche d’un consensus national constitue une étape clé avant la transmission du document aux instances internationales compétentes.

En clôture de son intervention, Maître Billy 1 Keita a exhorté les participants à contribuer activement aux échanges, dans un esprit de responsabilité collective. Il a salué l’appui constant des partenaires et exprimé le souhait que les conclusions de l’atelier renforcent durablement la protection des droits des travailleurs migrants et de leurs familles, au bénéfice du développement humain en Guinée.

AOD