La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement constaté la fin de la transition politique en République de Guinée. Réuni le 28 janvier 2026 à Abuja, le Conseil de médiation et de sécurité au niveau des chefs d’État et de gouvernement a entériné le retour à l’ordre constitutionnel et décidé la levée immédiate de toutes les sanctions encore en vigueur contre le pays.
Dans son communiqué final, la Conférence des chefs d’État rappelle les bases juridiques ayant encadré son accompagnement du processus guinéen, évoquant notamment les instruments communautaires relatifs aux changements anticonstitutionnels, ainsi que les différentes décisions adoptées depuis 2021 pour baliser la transition. Elle souligne également que la feuille de route convenue avec les autorités guinéennes, qualifiée de « compromis dynamique », a constitué un cadre structurant du processus.
La CEDEAO relève que les engagements pris par les autorités de transition ont été respectés. Elle note ainsi « l’engagement et la détermination des autorités de transition en Guinée à rétablir l’ordre constitutionnel d’ici la fin de 2025 », un objectif matérialisé par la tenue du référendum constitutionnel du 21 septembre 2025, suivi de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Ces consultations électorales ont fait l’objet d’une appréciation favorable des observateurs internationaux. La Conférence fait état de « l’évaluation positive du déroulement du référendum constitutionnel et de l’élection présidentielle par la mission d’observation de la CEDEAO, la mission d’observation de l’Union africaine et d’autres missions indépendantes ».
Sur cette base, les chefs d’État ouest-africains ont salué le bon déroulement du scrutin présidentiel et l’issue pacifique du processus. La CEDEAO « félicite le gouvernement et le peuple de la République de Guinée pour le bon déroulement de l’élection présidentielle pacifique du 28 décembre 2025 et l’investiture d’un président de la République démocratiquement élu le 17 janvier 2026 ».
Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a également reçu les félicitations de l’organisation régionale. La Conférence « félicite S.E. Mamadi Doumbouya pour son élection et son investiture en tant que président de la République de Guinée » et l’encourage « à poursuivre des politiques visant la cohésion sociale, l’unité nationale et la prospérité inclusive du peuple guinéen ».
Conséquence majeure de cette reconnaissance, la CEDEAO a décidé de normaliser pleinement la situation de la Guinée au sein de l’espace communautaire. Elle « lève, avec effet immédiat, toutes les sanctions résiduelles contre la République de Guinée et les personnes impliquées dans le processus de transition » et annonce la réintégration du pays « dans tous les organes décisionnels de la CEDEAO et dans les activités d’intégration régionale de la Communauté ».
Au-delà de ces décisions, l’organisation régionale invite les autorités guinéennes à capitaliser sur le retour à l’ordre constitutionnel pour renforcer le dialogue national. Elle « encourage le gouvernement guinéen à tirer parti du rétablissement de l’ordre constitutionnel pour intensifier le dialogue national entre toutes les parties prenantes guinéennes », en vue de consolider l’inclusion, la cohésion sociale et le consensus national, notamment à l’approche des élections législatives.
La CEDEAO exhorte également les autorités à poursuivre les efforts engagés en matière de gouvernance et de développement. Elle appelle à « intensifier ses efforts visant à consolider la démocratie, la bonne gouvernance et l’État de droit, ainsi que le développement économique et social ».
Le rôle de la médiation et de l’accompagnement international a été largement salué. La Conférence « félicite la Commission de la CEDEAO pour avoir accompagné le processus de transition guinéen jusqu’à son aboutissement », tout en adressant ses remerciements à l’Union africaine, aux Nations unies et aux autres partenaires. Une mention particulière est faite à l’ancien président béninois Boni Yayi, « pour ses efforts de médiation en Guinée ».
Tout en actant la normalisation institutionnelle, la CEDEAO indique qu’elle « reste activement saisie de la situation en Guinée », marquant ainsi sa volonté de continuer à suivre l’évolution du pays dans cette nouvelle phase politique.

AOD




