En 2024, la diaspora africaine a transféré vers le continent environ 104,8 milliards de dollars, selon les estimations internationales. Un flux financier colossal, souvent discret, mais fondamental pour l’équilibre économique et social de nombreux pays africains.

Ces transferts d’argent, envoyés depuis l’Europe, l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient ou encore l’Asie, constituent aujourd’hui l’une des principales sources de devises pour l’Afrique, devant parfois l’aide publique au développement et certains investissements directs étrangers.

Selon Jeune Afrique et le Fonds international de développement agricole (FIDA), près de 75 % des fonds reçus par les familles africaines servent à couvrir des besoins essentiels :alimentation,logement,soins de santé,scolarisation des enfants, prise en charge des urgences et imprévus.

Dans plusieurs pays, ces transferts représentent un véritable filet de sécurité sociale, en particulier dans les zones rurales et les États confrontés à l’inflation, au chômage ou à l’instabilité économique.

Mais cette manne financière attire désormais l’attention des grandes puissances. L’administration Trump a décidé de revoir le cadre des transferts d’argent internationaux.

Depuis l’entrée en vigueur, en début d’année, de la loi baptisée « One Big Beautiful Bill », les envois de fonds effectués depuis les États-Unis vers l’étranger sont désormais taxés à hauteur de 1 %.

Une mesure qui, bien que présentée comme mineure, pourrait avoir des conséquences importantes sur les économies africaines, les États-Unis abritant l’une des plus importantes diasporas africaines au monde.

Pour de nombreux experts, cette taxation risque de réduire les montants transférés, voire d’encourager le recours à des circuits informels, moins sécurisés.

Or, derrière chaque transfert se cachent des familles entières dépendantes de ces ressources pour survivre.

À l’échelle macroéconomique, une baisse des envois de fonds pourrait fragiliser :les balances de paiements,les réserves de change,la consommation intérieure,et, à terme, la stabilité sociale dans certains pays.

Au-delà des chiffres, la diaspora africaine demeure un acteur économique majeur, souvent peu reconnu, mais indispensable.

Ses contributions soutiennent non seulement les ménages, mais aussi l’entrepreneuriat local, l’éducation, la santé et la résilience des communautés.

Face aux nouvelles politiques restrictives, plusieurs analystes appellent les États africains à diversifier les canaux de transfert, réduire les coûts et mieux intégrer la diaspora dans les stratégies nationales de développement. Une chose est sûre : toucher aux transferts de la diaspora, c’est toucher directement au cœur de l’économie africaine.

AAS