Il y a encore quelques jours , le chanteur guinéen Fodé Baro annonçait publiquement sa décision de quitter la Guinée, meurtri par des années de critiques, de calomnies et de mépris qu’il dit avoir subis dans son propre pays. Aujourd’hui, le ton a radicalement changé.

Après avoir reçu une Toyota Land Cruiser 2025 des mains du président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, l’artiste affiche désormais une loyauté sans détour :
« Je ne pars plus. Il n’y a personne comme le général Mamadi Doumbouya dans le monde. Je mourrai avec lui. Hadja Mandjoula, i baraka. »
Dans une déclaration poignante faite avant ce revirement, Fodé Baro dénonçait une forme d’ingratitude nationale. Il affirmait être rabaissé, insulté et injustement stigmatisé dans son propre pays : « On me traite d’alcoolique, de clochard, même de quelqu’un qui revend sa propre maison. Dans mon propre pays, je ne suis pas aimé. »
L’artiste disait également avoir été injustement opposé au président Mamadi Doumbouya, laissant à Dieu le soin de juger. Comparant son accueil à l’étranger et en Guinée, il lâchait une phrase lourde de sens : « Ailleurs, je suis célébré en héros ; chez moi, je rentre comme un simple poulet. »
Après 36 années passées à l’étranger sans diffamation, Fodé Baro estimait avoir subi en seulement sept ans en Guinée ce qu’il n’avait jamais connu auparavant. Une situation qui l’avait poussé à annoncer un départ définitif.
La réception de ce véhicule de prestige apparaît aujourd’hui comme un symbole fort de reconnaissance de l’État envers l’artiste. Un geste qui semble avoir réconcilié Fodé Baro avec son pays et surtout avec les autorités de la Transition.
Il n’est d’ailleurs pas le seul artiste honoré. Sény Malomou, surnommée la “Reine du Tignalé”, a elle aussi bénéficié d’un important don de véhicule de la part du chef de l’État, confirmant une volonté affichée de valoriser les figures culturelles nationales.

Ce retournement de situation relance le débat sur la relation entre artistes et pouvoir en Guinée, mais aussi sur la place accordée aux icônes culturelles dans la reconnaissance nationale. Pour Fodé Baro, en tout cas, l’exil n’est plus à l’ordre du jour. La rupture annoncée a laissé place à une fidélité proclamée, presque fusionnelle.
Reste à savoir si ce geste marquera durablement un nouveau chapitre dans les rapports entre l’État et le monde culturel guinéen.
AAS




