La sous-préfecture de Dialakoro, dans la préfecture de Mandiana, a été le théâtre de violents affrontements armés le jeudi 22 janvier 2026, sur fond de litige foncier ancien opposant des communautés voisines. Le bilan provisoire fait état d’un mort et de plusieurs blessés par balle, plongeant les populations locales dans une vive inquiétude.

 

À l’origine de cette flambée de violence se trouve un vaste domaine agricole revendiqué à la fois par les habitants du district de Djoloko, relevant de Dialakoro, et ceux de Balandougou, dans la zone de Kantédoubalandou. Ce différend, qui dure depuis plus de trois ans, continue d’alimenter des tensions persistantes malgré les démarches judiciaires et administratives engagées pour tenter d’y mettre fin.

Selon Sidiki Koulibaly, président du district de Djoloko, ces terres appartiennent historiquement à sa communauté. Il affirme que la justice de Mandiana aurait reconnu ce droit de propriété en s’appuyant sur des repères traditionnels, notamment de vieux arbres et d’anciens sites de cultures exploités par les ancêtres du district. Une décision qui, selon lui, n’aurait jamais été respectée sur le terrain.

Dans les faits, des habitants de Wourounda et de Nansirimana, localités rattachées à Balandougou, auraient investi la zone litigieuse pour y pratiquer l’orpaillage artisanal. Une activité jugée illégale par les autorités de Djoloko, qui dénoncent également la dégradation des terres agricoles, accentuant davantage les frustrations entre les deux camps.

La situation a brutalement dégénéré jeudi matin, à la suite de l’arrestation d’un responsable administratif, soupçonné de n’avoir pas répondu à plusieurs convocations officielles. Le sous-préfet de Dialakoro, le commandant Layeba Condé, précise que cette interpellation a été effectuée sur réquisition du procureur, après de nombreuses tentatives restées sans suite.

Dans ce climat déjà explosif, des échanges de tirs ont éclaté, sans que l’origine exacte des coups de feu ne soit clairement établie. Les responsables de Djoloko accusent des habitants de Kantédoubalandou d’avoir ouvert le feu, tandis que ces derniers soutiennent avoir été attaqués en premier. Le maire de Dialakoro, Bakary Koulibaly, confirme pour sa part que quatre personnes ont été atteintes par balle, dont une a succombé à ses blessures.

La réaction des forces de sécurité fait également l’objet de vives critiques. Le président du district de Djoloko déplore l’absence d’intervention rapide, malgré ses alertes répétées et les moyens logistiques mis à disposition. De son côté, le sous-préfet évoque un contre-ordre qui aurait empêché toute intervention immédiate, mettant en lumière de possibles dysfonctionnements dans la chaîne de commandement.

Les blessés ont été évacués vers l’hôpital préfectoral de Siguiri, où ils sont actuellement pris en charge. Une enquête judiciaire a été ouverte afin de situer les responsabilités et d’éviter toute nouvelle escalade dans cette zone déjà fragilisée par les tensions foncières.

Eclatinfogn