La commune urbaine de Kankan a de nouveau été secouée par une attaque armée dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 janvier 2026. Ibrahima Sacko, un jeune père de famille âgé d’une trentaine d’années, a été grièvement blessé par balle alors qu’il se rendait à une pharmacie pour acheter des médicaments destinés à son enfant malade.

Selon le témoignage de la victime, recueilli à l’hôpital régional de Kankan par notre correspondant régional, l’agression s’est produite aux environs de 21 heures, près du lycée Karifamoriah, non loin du terrain de football et d’un point de lavage de motos. Trois individus armés, circulant à moto, l’auraient intercepté.

« Ils étaient trois sur une moto de marque Rock. Ils avaient une arme de type PMAK. Ils m’ont arrêté et pointé l’arme sur moi. Je suis descendu pour leur remettre la moto. En leur donnant la clé, l’un d’eux a tiré une première fois. Pris de panique, j’ai reculé, et c’est là qu’il a tiré encore sur moi », raconte Ibrahima Sacko, encore sous le choc.

Atteint à la cuisse, le jeune homme a subi de graves lésions osseuses et musculaires. Pris en charge au service de traumatologie-orthopédie de l’hôpital régional, son état a nécessité une décision d’évacuation sanitaire vers Conakry.

Le Dr Mohamed Keïta, médecin au service d’orthopédie et de traumatologie, explique :

« L’examen clinique a révélé des plaies au niveau du membre pelvien, notamment dans la région inguinale. La radiographie a mis en évidence une fracture de la hanche. Compte tenu des limites de notre plateau technique, une évacuation vers Conakry s’impose pour une prise en charge spécialisée », a-t-il précisé.

Au-delà de la blessure, la situation sociale de la victime suscite l’inquiétude. Sans emploi stable, Ibrahima Sacko assurait la subsistance de sa famille grâce à de petits travaux de transfert de sons et de vidéos.

« Je n’ai aucun moyen. J’ai une femme et quatre enfants à charge. La moto qu’ils ont emportée était une Neo, c’était tout ce que j’avais pour travailler », confie-t-il, la voix empreinte de détresse. Cet énième acte de violence remet au centre des débats la question de l’insécurité à Kankan, particulièrement lors des déplacements nocturnes. En attendant son évacuation vers Conakry, la victime et sa famille lancent un appel pressant à la solidarité afin de pouvoir assurer la continuité des soins.

AAS