À l’occasion de la cérémonie d’investiture du Président de la République, le président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a prononcé un discours solennel marqué par un appel fort à la primauté de la Constitution, à l’équilibre des pouvoirs et à l’indépendance de la justice, socle de la paix sociale et du développement économique de la Guinée.
S’exprimant au nom de l’institution judiciaire, Fodé Bangoura a salué la résilience du peuple guinéen et rappelé le caractère vertueux et juste de la loi fondamentale, qui encadre l’exercice du pouvoir. Il a insisté sur le devoir du Président élu de respecter scrupuleusement la Constitution et de veiller à ce que chaque pouvoir – exécutif, législatif et judiciaire – agisse dans les limites de ses prérogatives, sans empiètement, au service de l’idéal commun.
« La justice sera votre alliée tant que le droit sera votre guide », a déclaré le président de la Cour suprême, soulignant que l’indépendance de la justice demeure le pilier de la paix sociale et la garantie de la sécurité juridique nécessaire aux investissements et au développement économique.
Fodé Bangoura a rappelé que le Chef de l’État est attendu comme le premier garant de l’indépendance de la justice, non par des déclarations de principe, mais par la soumission effective de l’État à la règle de droit et par la protection des magistrats contre toute ingérence.
Revenant sur le serment présidentiel, il l’a qualifié d’engagement d’honneur devant la Nation et devant l’Histoire, à la fois juridiquement et moralement contraignant. Le Président de la République devient ainsi, selon lui, le président de tous les Guinéens, le protecteur des plus faibles, le garant de l’unité nationale et le serviteur de l’intérêt général.
Conformément à l’article 59 de la Constitution, le président de la Cour suprême a invité le Président élu à se présenter devant la Cour pour la formalisation de son investiture, rappelant les lourdes responsabilités constitutionnelles qui lui sont confiées : chef suprême des armées, garant de la sécurité nationale, détenteur de pouvoirs exceptionnels en période de crise, mais toujours dans le strict respect de la Constitution.
Fodé Bangoura a également évoqué le rôle du Chef de l’État dans l’initiative des lois, la promulgation des textes votés par le Parlement, la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale dans le cadre constitutionnel, ainsi que son statut de premier diplomate de la nation, chargé de conduire la politique étrangère et de représenter la Guinée sur la scène internationale.
Dans une tonalité plus symbolique, le président de la Cour suprême a comparé le Président de la République à un bâtisseur, appelant ce dernier à gouverner non seulement avec des décisions administratives, mais avec l’espérance des citoyens et la vision de l’avenir du peuple guinéen. Il l’a exhorté à rester à l’écoute des souffrances du peuple, à rechercher sans relâche la vérité, à conserver le courage de l’investigation et à ne pas se contenter de rapports officiels.
AAS




