Le tribunal de première instance de Siguiri a ouvert, mardi 13 janvier 2026, le procès de quatre ressortissants chinois impliqués dans l’affaire dite FADAKOLON, relative à l’exploitation illégale de l’or, à la dégradation de l’environnement et au séjour irrégulier en République de Guinée.

Dès l’entame de l’audience, les prévenus  Ying Li YUNG, Wen HUANG, Zhun Zhong et Hang HUANG  ont été présentés à la barre, où le ministère public a procédé à la lecture de l’acte d’accusation. Ils sont poursuivis pour avoir, selon le parquet, organisé et dirigé des activités minières sans autorisation dans la localité de Fadakolon, une zone aurifère de la préfecture de Siguiri fortement affectée par l’orpaillage clandestin.

Selon les informations rapportées par le correspondant de Guinéematin à Siguiri, les faits reprochés aux mis en cause portent notamment sur l’exploitation de ressources minières sans titres valides, l’utilisation d’engins lourds ayant provoqué d’importants dégâts environnementaux, notamment la pollution des cours d’eau, la dégradation des sols, ainsi que des infractions liées à leur séjour irrégulier sur le territoire guinéen.

Lors de leurs dépositions, les quatre ressortissants chinois ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. À l’issue de ces aveux, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 20 janvier 2026, afin de permettre aux avocats de la défense, aux parties civiles et au ministère public de préparer leurs plaidoiries et réquisitions.

Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte de durcissement de la lutte contre l’exploitation aurifère illégale en Guinée. En 2025, les autorités guinéennes ont clairement affiché leur volonté de poursuivre toute personne physique ou morale, nationale ou étrangère, ne respectant pas la réglementation minière en vigueur. L’accent est mis sur la protection de l’environnement, la préservation des ressources naturelles et la sécurisation juridique des exploitations légales, avec la possibilité de saisie des équipements utilisés dans les exploitations non autorisées.

Depuis plusieurs années, la préfecture de Siguiri demeure l’un des principaux foyers de cette lutte, face à un phénomène qui entraîne à la fois d’importantes pertes économiques pour l’État et une dégradation alarmante des écosystèmes, mettant en péril les sources d’eau potable des populations rurales.

La suite de cette affaire est suivie de près par les acteurs politiques, les organisations de la société civile et les populations locales, tous attentifs à une application rigoureuse, équitable et exemplaire de la loi guinéenne.

AAS