Discret, méthodique et peu exposé médiatiquement, Djiba Diakité s’est imposé en quelques années comme l’un des rouages essentiels de l’appareil d’État guinéen. Ministre directeur de cabinet à la présidence de la République et président du Comité stratégique de suivi du projet Simandou, il pilote aujourd’hui le chantier économique le plus structurant de l’histoire contemporaine du pays, selon un portrait publié par Forbes Afrique.

Nommé en octobre 2021, quelques semaines après l’arrivée au pouvoir du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), ce financier issu du secteur privé fait une entrée remarquée mais discrète au sommet de l’État. Ingénieur de formation, passé par les places financières de Paris et de Londres, il incarne un profil technocratique rare dans un environnement institutionnel en recomposition. Il explique avoir perçu, dès le 5 septembre 2021, un moment charnière pour la restauration de l’autorité de l’État et une opportunité d’engagement au service du pays.

Alors que plusieurs Premiers ministres se succèdent durant la transition, lui s’inscrit dans la durée. Une stabilité qui traduit sa capacité à gérer les équilibres internes et à structurer les circuits décisionnels. À la présidence, son rôle dépasse largement le cadre administratif : il agit comme un point de jonction entre l’exécutif, l’administration, les partenaires internationaux et les investisseurs.

Simandou, de projet enlisé à moteur de transformation

Le dossier Simandou constitue l’axe central de son action. Longtemps marqué par des reports, des contentieux et une gouvernance fragmentée, ce projet de minerai de fer nécessite des infrastructures majeures : un corridor ferroviaire transguinéen d’environ 650 kilomètres et un port en eau profonde, pour un investissement global estimé à près de 20 milliards de dollars.

À partir de 2022, des négociations conduisent à la mutualisation des infrastructures et à la création de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), intégrant une participation directe de l’État guinéen. Le closing d’avril 2024, marqué notamment par l’entrée du groupe chinois China Baowu Steel Group, permet de consolider définitivement le montage institutionnel et financier.

La phase opérationnelle s’accélère ensuite. En novembre 2025, le premier train relie la zone minière au port de Morebaya, symbole de l’entrée effective du projet dans sa phase industrielle. À pleine capacité, la production pourrait atteindre jusqu’à 120 millions de tonnes par an, avec des effets macroéconomiques importants sur la croissance, l’emploi et la structuration logistique du pays, selon les projections relayées par Forbes Afrique.

Une gouvernance fondée sur la rigueur et la coordination des talents

Dans les cercles institutionnels et économiques, Djiba Diakité est décrit comme un dirigeant exigeant, attaché aux outils de pilotage, à la traçabilité des décisions et au respect strict des délais. Cette méthode renforce la crédibilité de l’État auprès des partenaires techniques et financiers, tout en imposant un haut niveau d’exigence aux équipes.

Il s’appuie également sur des cadres guinéens formés à l’international, mobilisés sur les grands projets structurants. Cette dynamique contribue à renforcer les capacités techniques de l’administration et à consolider une gouvernance orientée vers la performance et la souveraineté économique.

Une posture volontairement effacée

Peu intéressé par les discours, le ministre directeur de cabinet privilégie une communication institutionnelle sobre et surtout nécessaire. Il revendique une approche centrée sur l’efficacité de l’action publique plutôt que sur la visibilité personnelle.

Sa méthode repose sur l’analyse, la prudence dans la décision et l’ajustement permanent en fonction des faits. Il s’inscrit dans une vision de long terme visant à positionner la Guinée comme une plateforme logistique et industrielle régionale, dans la dynamique du programme « Simandou 2040 ».

Interrogé sur sa place dans cette trajectoire nationale, il résume son engagement en une formule simple : être « au service ».

Éclat Médias GN avec Forbes Afrique