Au Mali, trois sites industriels ont été la cible d’attaques coordonnées menées par des jihadistes au petit matin du 11 janvier 2026, dans le cercle de Bafoulabé, région de Kayes, au sud-ouest du pays. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie récurrente des groupes armés visant à affaiblir l’économie nationale et à accentuer la pression sur les autorités de transition. Selon plusieurs sources locales concordantes, plus de 150 combattants lourdement armés, affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à al-Qaïda, ont circulé à moto sur la route nationale 22 entre 6 heures et 9 heures du matin. Leur offensive a visé successivement trois installations industrielles majeures de la zone.

Il s’agit de l’usine Diamond Cement, située à Gangontery et appartenant à un groupe indien, spécialisée dans la production de ciment, ainsi que de l’usine des Carrières et chaux du Mali à Karaga et de l’usine Stones, spécialisée dans la fabrication de carreaux à Gouroundapé. Ces deux derniers sites sont la propriété d’hommes d’affaires maliens.

Ces infrastructures avaient déjà été attaquées en juillet 2025, illustrant la persistance des actions jihadistes contre les unités industrielles et minières du pays, parallèlement à l’embargo imposé sur les importations de carburant et aux attaques répétées contre les symboles économiques de l’État.

Des habitants des villages riverains affirment avoir observé, depuis la fin de la semaine précédente, des mouvements inhabituels de groupes armés, décrits comme « très nombreux ». Ces regroupements ont provoqué une vive inquiétude mais ont également permis d’alerter à temps. Les sites visés avaient été évacués avant les attaques, ce qui explique l’absence de bilan humain, aucun mort ni blessé n’ayant été signalé.

Toutefois, certaines sources évoquent l’enlèvement de trois à quatre personnes, une information qui n’a pas été confirmée par les entreprises concernées. En revanche, les dégâts matériels sont considérables : engins industriels, véhicules et bâtiments ont été systématiquement incendiés. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux après les attaques témoignent de l’ampleur des destructions.

À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités de transition ni par l’armée malienne. Sollicité par des médias internationaux, l’état-major n’a pas réagi. Ces nouvelles attaques soulignent la fragilité persistante du climat sécuritaire dans certaines régions du Mali et les menaces croissantes qui pèsent sur les activités économiques, pourtant essentielles à la stabilité et au développement du pays.

AAS