À Kakandé, sur le littoral guinéen, la culture Baga s’apprête une fois de plus à faire entendre sa voix bien au-delà des frontières nationales. Le comité d’organisation du Festival des Arts Baga et Danse D’mba (Fest-Arts D’mba) a officiellement lancé, ce samedi 10 janvier 2026, la huitième édition de l’événement à l’occasion d’une conférence de presse.


Placée sous la présidence de Jean René Douba Camara, cette édition se tiendra les 5, 6 et 7 février 2026 à Kak’lentch-Kamsar, dans la préfecture de Boké. Elle s’articulera autour du thème : « Les arts et la culture sous le signe de l’environnement », illustrant la volonté des organisateurs de conjuguer sauvegarde du patrimoine culturel et protection de l’écosystème côtier.
Le D’mba, pilier identitaire et symbole de renaissance
Masque emblématique du peuple Baga, le D’mba transcende sa dimension rituelle. Il incarne la maternité, la sagesse et la continuité de la vie. Pour les initiateurs du festival, il représente aujourd’hui un puissant levier de renaissance culturelle.
« Le D’mba est notre identité nationale », a rappelé Jean René Camara, soulignant l’urgence de préserver les trésors artistiques du Bagataye, une région historiquement riche mais confrontée à de profondes mutations sociales et environnementales.
À travers le Fest-Arts D’mba, les organisateurs entendent restaurer, valoriser et pérenniser les œuvres d’art traditionnelles souvent abandonnées dans les villages du littoral, tout en sensibilisant les communautés locales à la protection de leur environnement naturel.
Une édition 2026 ouverte sur le monde et engagée pour l’écologie
Cette huitième édition réunira des délégations venues de Boké, Boffa, Dubréka, Coyah, Forécariah et Conakry, confirmant l’envergure nationale du festival. À cette dynamique s’ajoute une dimension internationale, avec la participation en tant qu’invitée d’honneur de la troupe sénégalaise « Les Mamans Calebasse », ambassadrice de la culture sérère.
L’ambition est claire : faire du Fest-Arts D’mba une plateforme d’échanges culturels africains, tout en intégrant les enjeux contemporains liés à la préservation des écosystèmes côtiers.
Un festival à fort impact social et communautaire
Bien au-delà des spectacles et des danses rituelles, le Fest-Arts D’mba se distingue par son engagement social concret. Pour l’édition 2026, le collectif prévoit de contribuer à la construction de la maison des jeunes du village hôte.
Les précédentes éditions ont déjà laissé des empreintes durables, notamment :l’inauguration de la Case de veille des Sages à Kamsar (2021) ;la création du Petit Musée des Arts Baga à Kataco (2022) ;des actions humanitaires en faveur des populations insulaires, incluant la construction de latrines communautaires, comme à Monchon en 2023.
Huit ans de transmission et de sauvegarde du patrimoine Baga
Créé en 2018 à Kataco, le Fest-Arts D’mba a parcouru plusieurs localités du littoral guinéen de Bigori à Sobanet, en passant par Kawass et s’est imposé comme un acteur majeur de la préservation des us et coutumes Baga.
Langue, habitat traditionnel, musique, masques et savoir-faire artisanaux sont valorisés à travers conférences-débats, ateliers de restauration et formations techniques destinées aux acteurs culturels locaux.
« Nous ne faisons pas que danser ; nous construisons et nous éduquons », résume l’organisation.
Les 5, 6 et 7 février 2026, Kak’lentch-Kamsar deviendra ainsi le cœur battant d’une célébration où culture, environnement et développement communautaire se rencontrent, sous le regard symbolique et protecteur du grand D’mba.
AAS




