Le Ministre des Transports et Porte-parole du Gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo est revenu sur les premiers axes du nouveau mandat du Président Mamadi Doumbouya, les critiques liées au scrutin du 28 décembre, la situation de l’opposition, ainsi que les dossiers sensibles des disparitions et des détenus politiques. 

Interrogé sur les priorités du Chef de l’État après son élection, Ousmane Gaoual Diallo met en avant la paix et la stabilité comme socle de l’action gouvernementale. « C’est cette stabilité qui nous a permis d’organiser, sans violences, le référendum constitutionnel et l’élection présidentielle du 28 décembre. Pour la première fois, le pays a connu un processus électoral apaisé avant, pendant et après le scrutin », affirme-t-il.

Selon le porte-parole du gouvernement, la prospérité partagée évoquée par le Président Doumbouya doit désormais se traduire concrètement dans la vie quotidienne des Guinéens. Il cite notamment une croissance économique supérieure à 7 %, l’amélioration de la notation financière du pays, la hausse des salaires, le recrutement de plus de 20 000 jeunes dans la fonction publique, l’amélioration de l’accès à l’électricité ainsi que la construction de plus de 2 500 kilomètres de routes en quatre ans.

Face aux critiques sur la crédibilité du scrutin, notamment en raison de l’absence de certaines figures de l’opposition, Ousmane Gaoual Diallo rejette ces accusations. « Le Président n’a pas été élu par défaut. Les Guinéens ont voté sur la base des résultats obtenus depuis quatre ans. Le boycott n’a pas été massivement suivi, y compris dans des zones considérées comme des bastions de l’opposition », soutient-il.

Sur la question de Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, le ministre dément toute entrave à son inscription sur le fichier électoral. « L’inscription se fait dans le lieu de résidence habituelle. S’il réside à Abidjan, il pouvait s’y inscrire en toute légalité », précise-t-il, rejetant également l’argument selon lequel un retour en Guinée exposerait l’opposant à des risques pour sa vie.

Concernant la suspension de l’UFDG et la menace de dissolution, Ousmane Gaoual Diallo parle de respect des règles administratives. « Il ne s’agit pas de harcèlement, mais de conformité aux textes. D’autres partis ont organisé leur congrès malgré l’absence de leur leader et n’ont subi aucune sanction », explique-t-il, appelant les responsables présents en Guinée à régulariser la situation du parti.

Sur les critiques du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le ministre estime qu’elles ne reflètent pas la réalité du terrain. Il souligne que d’autres organisations internationales, dont la CEDEAO, l’Union africaine et l’Union européenne, ont salué le bon déroulement du processus électoral.

Abordant le dossier sensible des disparitions de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, survenues en juillet 2024, Ousmane Gaoual Diallo reconnaît une situation « préoccupante », tout en assurant que la justice est saisie. « Les enquêtes sont en cours. Le gouvernement n’a pas d’informations supplémentaires. Les avocats ont accès aux dossiers et peuvent informer les familles et l’opinion », indique-t-il.

Enfin, évoquant l’emprisonnement d’Aliou Bah, président du Bloc libéral, le porte-parole du gouvernement se dit favorable à une mesure de clémence. « Tout ce qui peut contribuer à l’apaisement et à la stabilité de notre société est souhaitable. Nous espérons un geste du Président dans ce sens », conclut-il.