Après plus d’un mois de tensions et de perturbations dans le secteur éducatif, l’Intersyndicale de l’Éducation a décidé de suspendre son mot d’ordre de grève. Une décision expliquée ce samedi devant la base syndicale, lors d’une assemblée générale de restitution, par Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE).

Selon le responsable syndical, cette suspension ne signifie en aucun cas un abandon des revendications. « La grève reste suspendue tant que le statut particulier de l’éducation n’est pas signé et que les modalités de son application ne sont pas connues », a-t-il précisé. Il insiste sur le caractère provisoire de cette décision, laissant clairement entendre que le mouvement pourrait reprendre à tout moment.
Michel Pépé Balamou a été catégorique : l’Intersyndicale n’aura plus besoin de déposer de nouveaux préavis ou avis de grève. « Le jour où nous constaterons la mauvaise foi du gouvernement, nous convoquerons une assemblée générale et nous indiquerons simplement la date du déclenchement de la grève », a-t-il averti.
Le leader syndical explique également que cette suspension relève d’un effort de responsabilité dans un contexte politique particulier. « Nous avons fait violence sur nous-mêmes, surtout dans une période post-électorale sensible. Il y a une transition institutionnelle en cours, un gouvernement qui n’est pas encore pleinement en place et un président qui doit prêter serment », a-t-il souligné.
Pour le SNE, maintenir la grève dans un tel contexte aurait pu être perçu comme un facteur d’instabilité supplémentaire. « Dans ces conditions, un régime aurait pu tout simplement dire non. Ce que nous avons fait est déjà grand », estime Michel Pépé Balamou.
Profitant de l’occasion, il a tenu à exprimer sa reconnaissance aux autorités et aux partenaires sociaux ayant contribué au dialogue. Il a notamment remercié le Président de la République, le ministère de la Fonction publique, le ministère du Budget, le ministère du Travail, les centrales syndicales, ainsi que les professionnels des médias.
« Nous remercions aussi les amis de la presse qui nous ont accompagnés du début à la fin, souvent sans rien recevoir en retour », a-t-il déclaré, concluant son intervention par un message d’espoir et de foi : « C’est Dieu qui est avec nous. »
La suspension du mot d’ordre de grève marque ainsi une accalmie dans le secteur éducatif, tout en maintenant la pression syndicale sur le gouvernement, désormais attendu sur la signature et l’application effective du statut particulier de l’éducation.
AAS




